François PloyeL’effet de serre est un phénomène naturel. Sans lui la vie ne serait pas supportable sur terre. La température moyenne serait voisine de -15°C. C’est le gaz carbonique, la vapeur d’eau, le méthane et d’autres gaz en moindre proportion qui sont responsables de l’effet de serre. L’enjeu aujourd’hui est le contrôle de la concentration de ces gaz dans l’atmosphère afin de maintenir le fragile équilibre de nos climats.
Aujourd'hui, tout le monde est d’accord ou presque pour dire que l’homme a déjà sérieusement modifié la composition de l’atmosphère. Ce changement dû à l’effet de serre provoquera une élévation de la température de 1,5 à 6°C au cours du siècle. Il est difficile d’imaginer qu’une évolution naturelle du climat viendra compensée cette élévation de température.
Le gaz carbonique est le principal acteur par la quantité émise, il est dégagé par la combustion des énergies fossiles et par la déforestation essentiellement, sa concentration a augmenté de 30% au cours de l’ère industrielle, Le méthane est produit par l’élevage, les rizières, les fuites de gaz, etc - sa concentration depuis 200 ans à été multiplié par 2,5 - sa présence est directement liée au nombre d’habitants sur Terre. On trouve ensuite les CFC interdits parce qu’ils détruisaient la couche d’ozone, mais leurs substituts participent également à l’effet de serre.
Les principaux secteurs responsables sont les transports pour environ un tiers, et qui dans dix ans atteindront près de 40%, ensuite l’industrie et habitat pour un autre tiers et ensuite l’agriculture pour un cinquième comprenant la déforestation dans les pays en voie de développement.
Quelles conséquences pour la planète ? Sur le XXème siècle l’élévation de température est estimée entre 0,4 et 0,8°C en moyenne et l’on peut déjà percevoir des changements sur les dix dernières années : recul des glaciers, diminution de la banquise , augmentation des catastrophes naturelles et des excès climatiques, même si ces variations peuvent encore être admises dans les statistiques normales du climat, de fortes présomptions penchent pour une relation partielle à accroissement de l’effet de serre.
Pour le prochain siècle, on prévoit 2 à 6°C d’augmentation !... Les modèles prévisionnels tablent sur une montée des océans de 14 à 80cm, cette prévision revue à la baisse ces dernières années ne représentent pas le plus grand danger. Mais, on prévoit surtout une modification des climats, un déplacement et une accentuation des extrêmes climatiques, accentuation des sécheresses là où il y a déjà des problèmes, accentuation de la pluie en hiver par exemple dans le nord de la France avec des étés plus secs. Mais aussi prolifération et extension des maladies tropicales, le paludisme pourrait refaire son apparition dans le sud de la France. On prévoit aussi une influence sur les courants marins ; certaines hypothèses envisagent un ralentissement voir un arrêt du Gulf Stream qui conduirait à un climat proche de celui du Canada pour l’Europe dont les pays du nord deviendraient inhabitables.
Pour le siècle à venir, même si l’on ne peut rien affirmer avec certitude, nous rentrons dans des variations d’échelles beaucoup plus importantes que ce que nous avons connus jusqu'à maintenant.
Si l’effet de serre est un phénomène naturel, c’est la rapidité du changement qui va être dramatique. Plus vite le climat va changer, plus il sera difficile de s’adapter, de changer ses habitudes, son habitat le type d’agriculture... Même si au final la situation peut être viable et agréable sur terre, le problème est vraiment de ralentir ces changements pour être capable de s’adapter et de modifier ses habitudes.
Par ailleurs, l’effet de serre n’est pas seul en cause dans la modification des climats : la déforestation, les grandes agglomérations, notre action sur le cycle de l’eau, la pollution des océans ont un rôle dans l’équilibre subtil du climat.
Il n’y a pas un niveau de réchauffement optimum mais l’idée est de ralentir le phénomène. Il y a beaucoup d’incertitudes sur les évolutions à venir et les prévisions sont très variables suivant les modèles. Mais ce dont on est sûr, c’est que l’on va vers des changements brutaux et qu’il faut ralentir la production de gaz à effet de serre, donc ralentir notre consommation de pétrole, ralentir la production de méthane...
Dans quelle mesure devons nous réduire cette production ? Il faudrait la réduire de moitié voire des 2/3 pour très peu changer nos climats et espérer les stabiliser. Mais nous n’en sommes pas du tout là, on en est à se dire que l’on va essayer de ralentir de 20 ans à 50 ans l’arrivée de changements climatiques. C’est l’enjeu des conférences internationales où l’on se donne des objectifs de réduction d’émission de gaz à effets de serre de l’ordre de 5% pour ralentir le phénomène, mais qui ne changeront pas les résultats à terme.
Le cycle des conférences internationales : à la suite des apports scientifiques sur l’évolution des climats, des prises de positions politiques ont conduit en particulier au sommet de Rio en 1992 à l’engagement de stabiliser nos émissions, aider les pays en développement, financer des technologies plus propres. Depuis tous les ans se tient une conférence majeure sur le sujet, dont la dernière s’est tenue à la Haye en novembre 2000. Ces conférences ont pour but de mettre en application de manière concrète, des objectifs de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. On avait bon espoir d’aboutir en prenant comme modèle, le protocole des conférences sur le trou de la couche d’ozone, qui a conduit à l’interdiction des CFC. En 97 à Kyoto on a avancé d’un pas, les pays riches se sont engagés à des réductions d'environ 5% en moyenne d’ici 2010 par rapport au niveau de référence de 1990. L’objectif de la Haye était de concrétiser cet engagement sur le terrain.
La position des Américains, les plus gros consommateurs de la planète, mais aussi gros producteurs de pétrole est de dire, nous ne toucherons pas à notre mode de vie et nous ne pourrons pas tenir nos engagements qui sont de -7% (ils sont déjà à +10% et en 2010 ils seront à +20% ou +30%) donc nous allons payer pour dépolluer ailleurs, en particulier dans les pays en voie de développement qui utilisent des technologies moins avancées. C’est l’idée d’échanger les droits à polluer : je dois dépolluer chez moi mais au lieu de ça, je paye pour dépolluer ailleurs, ça coûte moins cher, et tout le monde y gagne ! Face à ça, l’Europe a une position volontaire de réduire la pollution chez soi ; mais l’Europe qui dispose de peu d’énergie fossile, y a tout intérêt... La conférence de la Haye était mal partie avec deux groupes de pays aux positions très tranchées. Au final, les Européens ont accepté les échanges marchands de droit à polluer, ils n’ont pu imposer un minimum de réduction chez soi, ni une instance de contrôle des engagements. Si un pays ne respecte pas ses engagements, les sanctions seront reportées à plus tard. Les Américains ont proposé une autre échappatoire, planter des arbres pour créer des puits de carbone et pouvoir continuer de polluer chez soi. Les Européens ont accepté de prendre en compte les forêts, sans toutefois se mettre d'accord sur le rôle exact de ce processus.
La conférence de la Haye se termine sans véritable accord. La seule chose qui a progressé, c’est le fait que de plus en plus de gens prennent en compte que c’est un problème à traiter. Des états prennent des décisions individuelles en la matière, mais il n’y a pas de progrès sur un consensus international. Pourtant l’objectif de -5% qui est fixé, est très faible par rapport à ce qu’il faudrait faire en réalité... La route est encore longue.
Quelle politique mettre en œuvre pour atteindre -5%, -10%... de gaz à effet de serre ? Cela implique de repenser nos politiques énergétiques. Quelle consommation d’énergies allons nous avoir et avec quelles énergies ? Le nucléaire, les énergies renouvelables, le gaz, le charbon... ? Indépendamment de l’effet de serre, il reste du pétrole pour environ 50 ans, du gaz pour 70 ans, l’uranium, ses réserves sont estimées à quelques siècles ? Les énergies renouvelables ont des contraintes : on ne peut pas installer d'éoliennes partout du jour au lendemain, de même, on ne peut construire un habitat solaire rapidement ; on ne peut produire du biogaz en quantité sans rentrer en concurrence avec l’agriculture. La grande hydraulique a des contraintes fortes : comblements des barrages, perturbation du cycle naturel de l’eau et des alluvions, déplacements de populations.
On constate que les énergies renouvelable ont des contraintes fortes, et qu’il n’y a pas de panacée universelle.. Mais le plus urgent, c’est comment allons nous vivre la fin du pétrole ? Que va-t-il se passer quand le prix du pétrole sera multiplié par 2, par 3, par 5 ? C’est une question à traiter rapidement. Va-t-on apprendre à se passer du pétrole de façon réfléchie et rationnelle? Ou va-t-on vers une guerre du golfe plus étendue et encore plus dramatique ? Si l’on envisage les problèmes liés à l’effet de serre et ceux liés à la disponibilité des énergies, la priorité est de diminuer notre consommation d’énergie. En plus d’épargner notre environnement, cela permettra d’envisager l’après pétrole avec sérénité.
La priorité est : quelle politique énergétique pour l’avenir ? Comment tout un chacun voit le futur ? Quelle sera la part de chaque énergie : nucléaire, renouvelable, fossile ? Cela réclame un débat général sur le sujet. Par exemple les pays d’Europe du Nord qui veulent à la fois tenir leur engagement sur l’effet de serre et la fois veulent arrêter le nucléaire ont de graves problèmes de sociétés, car on ne peut aujourd’hui arrêter et le nucléaire et le pétrole.
L’autre question à se poser est : quel modèle de société voulons nous ? Actuellement, la richesse des nations est mesurée à la production et la consommation de biens donc à la consommation d’énergie, à la prolifération des transports. Aujourd'hui, la croissance est alimentée par les échanges de biens ; les échanges augmentent deux fois plus vite que la production. Notre développement est basé sur le libre échange donc sur les transports dans tous les sens. Veut-on une société où les avions et les camions circulent dans tous les sens pour nous amener des produits assemblés en Asie ou en Afrique à partir d’éléments fabriqués en Europe ou en Amérique ? Cela mérite évidemment un débat de société : quels critères de développement voulons-nous ? Sommes-nous riches parce que l’on consomme beaucoup, ou parce que nous avons une qualité de vie due à notre santé, notre éducation, notre culture, notre intégration ?
Le P.N.B. est-il le seul critère d’évaluation de notre société ? Non, l’UNESCO a mis en place un Indice de Développement Humain (IDH) qui prend en compte la durée de vie, l’éducation, la santé, le fait d’être intégré... Si l’on met en parallèle l’échelle du PNB et de l’IDH , on constate que l’Europe s’en sort plutôt mieux que l’Amérique, mais les pays du Moyen Orient très riches par leur pétrole n’en font pas profiter leur population ; de même, les dragons de l’Asie du sud ont une croissance qui sert de modèle mais qui profite très peu en qualité de vie à la majorité de la population. Il nous faut donc définir quel développement nous voulons, s’intéresser aux vrais critères de la qualité de la vie qui ne sont pas liés à la consommation d’énergie et aux échanges marchands.
La coopération internationale et le développement : la consommation de l’énergie est un problème mondial : si certains pays font des efforts pour limiter leur besoin en pétrole, les prix vont baisser et d’autres pays peuvent en profiter pour consommer plus. De même si la France décide de remplacer ses voitures actuelles par des voitures plus propres et moins gourmandes, les vieilles voitures vont être recyclées ailleurs, donc au final il y aura plus de voitures donc plus de pollution.
La gestion de tout cela demande une coopération internationale, et aussi des transferts de technologie des pays du Nord vers le Sud. Tout ceci est en discussion mais avance très lentement ; le but est d’éviter aux pays émergents de passer par les mêmes erreurs que nous et leur faire gagner des étapes.
Quelles solutions pour lutter contre l’émission de gaz à effet de serre ? Il n’y a pas de solution miracle, il n’y a pas une seule voie à suivre. Comme évoqué plus haut le problème des CFC et le trou dans la couche d’ozone a pu être réglé parce qu’il concernait quelques acteurs industriels. Par contre limiter la consommation d’énergie et la production de gaz à effet de serre concerne tout le monde et toutes les activités humaines ou presque. Il n’y a donc pas UNE solution, mais tout un catalogue de propositions à mettre en œuvre et à imaginer. D’un côté, il y a tout l’aspect technologique : des moteurs plus propres, des appareils qui consomment moins, sur cet aspect, les industriels travaillent. On a vu aussi que les rizières sont grosses productrices de méthane, d’où la recherche de variétés de riz qui en produiraient moins. Ensuite, il y a tout le volet de l’aménagement du territoire. Si l’on veut diminuer la consommation énergétique, il faut reconcentrer les zones urbaines : on a rien inventer de mieux que les villes pour limiter les déplacements. Si Los Angeles est devenue la caricature de ce qu’il ne faut pas faire, en France aussi, on part vivre en banlieue de plus en plus loin de son travail, des lieux de loisirs, des centres commerciaux, qui eux aussi ont quitté les centres ville. Si l’on veut limiter les transports donc la consommation d’énergie et la pollution, il faut repenser la qualité de vie dans la ville du point de vue de la santé, la sécurité et de l’agrément pour pouvoir reconcentrer les villes.
Il faut aussi repenser l’aménagement des transports.
Dans un pays comme la France, si l’industrie, l’agriculture et le tertiaire arrivent à maîtriser leurs consommations d’énergies, le secteur des transports explose. C’est le transport de marchandises, le transport automobile en ville, mais c’est aussi le transport aérien qui explose. Le kérosène des avions n’est pas du tout taxé, alors que c’est le mode de transport le plus gourmand en énergie donc le plus polluant, il est le plus favorisé par la taxation. Revenir sur cet état de fait implique évidemment des accords internationaux. Il faut repenser l’organisation des transports en développant le rail, le transport fluvial et lutter contre le transport aérien, le camion et l’automobile en ville.
Chacun de nous peut agir au quotidien. Par exemple, ne pas acheter de fruits hors saison qui viennent de l’autre bout du monde par avion ou qui ont été produits sous serres chauffées au pétrole ; éteindre complètement tous les appareils en veille qui sont dans nos maisons permettrait de supprimer une tranche nucléaire. A l’échelle de chacun cela paraît peu, mais la somme de ces “ peu ” finit par faire beaucoup. Il y a de grand enjeux géopolitiques, mais également chacun peut agir de façon volontaire sans attendre que tout vienne d’en haut, avec un peu d’information et un peu de bon sens et moins d'égoïsmes, on peut faire déjà beaucoup. Dans cette course à la maîtrise de l’énergie, plus vite on avancera, plus on sera serein dans l’avenir. Si par exemple il y a une nouvelle guerre du Golfe, si l’Europe est suffisamment avancé, nous pourrons dire : nous ne sommes pas concernés, nous n’avons pas besoin de pétrole.
Si après la Haye , il paraît difficile d’obtenir un bon accord avec les Américains, cela veut dire que l’Europe doit avancer seule dans ce domaine et trouver des solutions. C’est donc à tout un chacun de se sentir concerné dans son quotidien, dans son travail, dans la vie associative sans attendre que des grandes décisions soient prises à l’échelle nationale et internationale pour vivre de manière réfléchie et plus sereine.
Le Débat
Question : vous nous dites que les .Américains seront à +20 ou +30% en 2010, mais où en sont les Européens par rapport à l'objectif fixé ?
François Ploye : Globalement, on considère que l’Europe a stabilisé ses émissions, mais l’objectif n’est pas de stabiliser, mais de diminuer. L’Europe est plus près de ses objectifs que les Etats Unis, mais ce n’est pas gagné ; nous sommes à mi chemin et il y a pas eu de mesures fortes pour inverser la tendance en particulier pour les transports. Aucune mesure forte n’est venue limiter leur croissance.
Question : Technologiquement existe-t-il des moteurs qui utilisent d’autres énergies mais dont les brevets seraient détenus par les pétroliers ou autres pour s’en servir dans une vingtaine d’années quand ce sera le moment ?
François Ploye : Les moteurs classiques ont déjà beaucoup progressé. Parmi les moteurs utilisant une autre énergie, il y a le moteur électrique. La voiture électrique peut avoir sa place, mais il faut se poser la question de savoir comment l’on va produire cette électricité. Si c’est avec les énergies classiques : pétrole, charbon, gaz, c’est pire car le rendement sera encore moins bon ; si c’est avec le nucléaire, il faudrait au moins doubler le parc de centrales, ce qui n’est pas facile et pas forcément souhaitable. Il existe des études sur d’autres types de moteurs, mais pour l’instant c’est plus cher et pour les expérimenter il faut du temps. On ne reconvertit pas toute une industrie du jour au lendemain. Pour de multiples raisons, on ne peut attendre de solutions purement technologiques, il faut à la fois changer nos modes de vies et l’aménagement du territoire comme on vient de le dire.
Philippe Segard : Le pouvoir d’absorption du gaz carbonique de la forêt n’est pas évident et son agrandissement pourrait accroître l’effet de serre.
François Ploye : Effectivement, nous n’avons de connaissance très précises sur ces biotopes naturels. A quelle vitesse ils fixent le carbone, et à quelle vitesse ils relâchent le méthane et le gaz carbonique, leurs influence sur le cycle de l’eau...
Question : C’est facile de culpabiliser tout un chacun qui râle contre le prix de l’essence. Mais c’est l’organisation générale de la société qui décide économiquement d’utiliser les énergies fossiles et de polluer allègrement. C’est cela qu’il faut critiquer et ne pas culpabiliser le citoyen.
François Ploye : On peut dire ça : il faut attendre que le gouvernement ait décidé que ...il faut et yaka. La société, c’est tous les individus : les industriels, les particuliers, les dirigeants. Si tout le monde attend tout le monde, il ne se passera rien. Evidemment les changements ne doivent pas se faire uniquement à l’échelon individuel, ni seulement par de grandes décisions fortes politiques. C’est vraiment un sujet qui concerne tout les acteurs de la société et où chacun peut agir à son niveau.
Freddy Le Saux ( membre d’ALDER ) : Je voudrais faire remarquer qu’il ne suffit pas de prendre des grandes décisions encore faut-il qu’elles soient suivies des faits sur le terrain. Par exemple, on sait que l’ADEME a un budget pour subventionner l’énergie bois en chaufferie automatique. Très bien mais encore faut-il qu’il y ait des projets qui naissent sur le terrain. C’est notre rôle d’aider à les faire naître.
Aline Biardeaud : que pensez de la cogénération qui alimente cette salle de réunion ?
François Ploye : si la cogénération fonctionne avec une énergie fossile, elle participe à l’effet de serre. L’avantage de la cogénération est d’avoir un meilleur rendement que les centrales électriques classiques ; c'est donc une façon d’utiliser au mieux les énergies fossiles.
Question :Cette façon de consommer l’énergie, de polluer est liée à une société de profit et d’injustice dont les dirigeants amusent la galerie en ne prenant pas de décisions au cours des grandes réunions internationales. Et en demandant aux gens de payer plus cher les carburants et de bricoler leur maison, si on améliore l’environnement, on aggrave l’injustice.
François Ploye : le blocage des conférences internationales est quand même dû à la position du sénat américain. Mais on peut choisir de se désolidariser de cette position pour ne pas être obligé dans 20 ans ou dans 30 ans d’aller se battre pour les derniers puits de pétrole et dès aujourd’hui apprendre à s’en passer pour ne pas être dépendant.
Freddy Le Saux : le problème de l’effet de serre ne se limite pas à l’hexagone, les premiers touchés seront les zones semi-désertiques, qui vont devenir complètement désertiques. C’est à ces gens là que je pense quand je dis qu’il faut payer notre énergie fossile plus cher afin d’en consommer moins et de préserver la planète et ses habitants. De plus, ce ne sont pas ces régions là qui produisent le plus de carbone, car bien souvent ils n’ont même pas accès à ces énergies.
Dominique Lamaud : A-t-on tous les acteurs en place, pour prendre les bonnes décisions ? Les acteurs économiques ne pensent qu’au profit , les politiques aux prochaines élections, mais aucun acteur ne s’occupe de protéger notre milieu de vie c’est à dire la planète. N’y a-t-il pas une instance mondiale à mettre en place pour s’occuper de la protection de l’environnement ?
François Ploye : c’est un sujet qui a été abordé à la Haye. Les Européens ont proposé qu’il y ait des sanctions pour ceux qui ne respecteraient pas leurs engagements, dons qu’un organisme supranational, veille à l’application de ces objectifs mais les Américains ont dit non.
Question : on peut espérer que la part des énergies renouvelables seront de 5%. L'essentiel de notre énergie en France est produit par le nucléaire. On peut être pour ou contre mais comment se passer du nucléaire ?
François Ploye : la part des énergies renouvelables est quand même plus forte que çà. En incluant l’hydraulique, on estime que mondialement, on peut arriver à 20%. Evidemment, cela ne suffit pas. Si l’on veut à la fois se passer du pétrole et du nucléaire, c’est très difficile. S’il est urgent d’arrêter le pétrole il faut continuer d’utiliser le nucléaire. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut le développer à tout va, et il est souhaitable de continuer à limiter les risques en supprimant les centrales dans les zones sismiques ou inondables. Cadarache va être fermée. Répétons-le diminuer la consommation d’énergie permettra de prendre des décisions de manière plus sereine et plus réfléchie.