Dossier le Rendu 3D : Les logiciels 3D majeurs

Maya 4

Alias-Wavefront a réussi à faire de son produit Maya, grâce au succès d'une interface moderne et configurable, une référence incontournable dans le monde des logiciels 3D. Témoignent aussi de cette réussite des outils fabuleux comme Paint Effects où l'utilisateur peint directement de l'herbe ou des poils (animables) sur la surface d'objets 3D.

En revanche le moteur de rendering, qui commence à acquérir de la maturité, n'est pas le point fort du logiciel. Il est certes correct et assez complet, même si les caustiques et la radiosité sont fournis via des plugins gratuits, mais les atouts de Maya résident davantage dans la modélisation et l'animation ainsi que dans ses outils graphiques comme IPR (Interactive Photorealistic Rendering) - la fenêtre temps réel de mise au point. La politique actuelle d'Alias-Wavefront est principalement d'optimiser et de fiabiliser son moteur de rendering (voir le détail de la nouvelle version 4 de Maya dans ce numéro) et de privilégier les connections avec des moteurs de rendering existants et reconnus. Un plugin MtoR permet d'exporter les scènes Maya vers Renderman. Dans un esprit analogue, un partenariat a été passé entre Maya et Mental Images en juin dernier. Des passerelles existent aussi entre Maya et l'excellent moteur de rendering de Lightwave.

Softimage XSI 1.5

Concernant le moteur de rendering, il existe très peu de différence entre la version 3.9 de Softimage 3D (toujours commercialisée) et la dernière version 1.5 de son remplaçant, Softimage XSI. La même version 2.1 de Mental Ray donne aux deux produits les mêmes qualités de rendering. Mental Ray possède en standard tout ce qu'un utilisateur exigeant peut souhaiter : une arborescence de shaders programmables, du ray-tracing et des caustiques, de la profondeur de champ, du mouvement flou, des effets volumétriques, un système de particules, un rendu cartoon, une illumination globale (distributed ray-tracing) et du " final gathering" proche du rendu Arnold.

Mais l'immense avantage de XSI par rapport à Softimage 3D est de permettre enfin un accès interactif et intégré à Mental Ray. Ainsi dans n'importe quelle vue de l'interface, l'utilisateur peut définir une zone de rendering qui sera remise à jour automatiquement en fonction de ses réglages. Un arbre de rendu interactif (Render Tree) permet de créer de nouveaux matériaux à partir d'une bibliothèque de nœuds de matériaux de base. Et dans la dernière version 6.5 est apparu un nouvel éditeur de textures fonctionnant aussi bien sur les surfaces polygonales que sur les subdivisions de surfaces. Enfin, la gestion du calcul multi-passes (Render Passes) est très complète (depth, shadow, réflexion, caustics, ambient, global illumination, volumic, etc). La future version 2.0 de XSI intégrera la nouvelle version 3.0 de Mental Ray avec entre autres de nouveaux nœuds de post-production et une optimisation encore plus poussée du calcul grâce à l'introduction de la notion de boîte englobante.

Lightwave 6.5

Déjà apprécié pour la qualité et la puissance de son rendering, Lightwave renforce sa position avec la version 6. La grande avancée de cette nouvelle version est un preview interactif VIPER (Versatile Interactive Preview Renderer) qui autorise non seulement les réglages classiques de textures ou d'éclairages mais aussi le réglage paramétrique des textures procédurales, des lumières volumiques et de l'ancien plugin Hypervoxels maintenant complètement intégré dans le logiciel (ray-tracing sur des surfaces volumiques). D'autres nouveautés marquantes sont le rajout de radiosité et de caustiques ainsi que l'intégration du particule système. On peut apprécié cette intégration progressive du logiciel par incorporation de plugins. Enfin, une autre innovation majeure pour le photo-réalisme est l'utilisation du nouveau type de maps d'environnement qui utilise un codage capable de restituer toute la dynamique de la lumière réelle, les HDRI (High Dynamic Range Imagery) générées par photographies ou par calcul interne. Si Lightwave manque toujours d'une gestion de l'arborescence des shaders, la dernière version intermédiaire 6.5, axée sur l'optimisation, a apporté plusieurs améliorations de l'anti-aliasing et de la réduction du bruit ainsi que de la radiosité, qui a gagné en rapidité et en qualité.

3DS Max 4.2

Discreet peut se flatter d'être l'éditeur de 3DS Max, un logiciel répandu aussi bien dans les jeux, le broadcast ou l'architecture. D'apprentissage rapide, incorporant de nombreux plugins, 3DS Max fournit une panoplie impressionnante de fonctionnalités. Le moteur de rendering, qui était de qualité moyenne, avait été fortement amélioré lors de la version 3. Plus rapide et mieux anti-aliasé, il incorpore de nouveaux shaders (anisotropiques mais aussi des shaders particuliers comme le 'OrenNayarBlinn', très approprié pour les surface douces comme la peau ou les textiles) et des effets caustiques.

La version 4 a permis d'augmenter la productivité générale. Une nouvelle fenêtre ActiveShade pour le rendu interactif propose deux niveaux d'interactivité, 'Update' similaire a l'IPR d'Alias, et 'Initialise' similaire à Twister, dans le sens où il met également à jour les infos géometriques. Une nouvelle fonction "Render elements" permet de calculer en une seule passe plusieurs couches : réflexion, diffusion, profondeur, spécularité, réfraction, auto-illumination, … ce qui est très utile pour la post-production, en particulier avec Combustion. La dernière version 4 préfigure aussi la sortie de Gmax, la version de 3DS Max dédiée au développement de jeux de nouvelle génération pour les PC ou les consoles de jeux avec entre autres l'intégration de DirectX 8. En revanche, on peut regretter l'absence dans 3DS Max d'une vraie architecture de shaders programmables et le recours exagéré aux plugins qui nuit à la cohérence et à l'intégration de l'ensemble, même si de nombreux plugins sont de valeur (comme par exemple Lightscape pour la radiosité, Mental Ray ou Shag:Fur pour la fourrure).

Houdini 4.1

La version 5 du petit génie des effets spéciaux, Houdini, se prépare dans le secret. Side Effects, l'éditeur d'Houdini, est une petite structure qui développe et améliore son produit, actuellement à la version 4.1, avec constance et intelligence mais sans effets d'annonce. Houdini est réputé à juste titre pour son intégration et son architecture où chaque paramètre peut interagir avec chaque autre paramètre grâce à un langage de scripting et d'expression interfacé. C'est donc tout naturellement qu'il est apprécié pour la fabrication des effets spéciaux de long-métrages comme ceux de Matrix. En rendering, même si la radiosité est absente, on y retrouve les fonctionnalités habituelles des grands logiciels, ray-tracing, profondeur de champ, motion blur, … couplées à la puissance d'intégration (la post-production est intégrée), d'ouverture et de programmation générale du logiciel. On regrette néanmoins un réglage interactif du rendering un peu sommaire en gouraud et une séparation anachronique du rendering en deux moteurs, mantra qui fait du phong basique et vmantra qui comporte les fonctionnalités avancées comme le ray-tracing, le displacement ou les lumières volumiques.

Webliographie :

Maya / Alias-Wavefront : www.aliaswavefront.com
Softimage XSI / Avid : www.softimage.com
Lightwave / Newtek : www.newtek.com
3DS Max / Discreet : www.discreet.com
Houdini / Side Effects : www.sidefx.com
 
© septembre/octobre 2001 François Ploye et Pixel SA