Que ce soient pour les
passionnés de jeux ou les professionnels
de la 3D, les cartes graphiques ont atteintes des performances
difficiles à exploiter à fond par les applications. On
voit ainsi apparaître des cartes optimisées dès
l'origine pour une application spécifique.
En capacité à traiter des polygones, les cartes 3D
destinées au jeux ont atteintes des niveaux comparables à
ceux des cartes professionnelles. Un constructeur de cartes grand
public comme Nvidia peut maintenant s'affirmer sur le marché
professionnel. Le surcoût d'une carte professionnelle continue
néanmoins à se justifier par un antialiasing
optimisé ou par le genlocking. La concurrence s'exarcerbant, de
nombreux rapprochements ont eu lieu récemment entre les
constructeurs. Nvidia a signé en 1999 un accord de partenariat
avec Elsa. Intense 3D, de son côté, a été
racheté en 2000 par 3Dlabs. La technologie Fire GL d'IBM a
été rachetée par Sonic Blue à Diamond
Multimedia puis acquise récemment par ATI.
Une autre caractéristique récente des cartes 3D est la
sophistication croissante des fonctions de rendering ou de traitement
d'images complexes proposées. Les applications professionnelles
ou ludiques ne peuvent pas suivre cette évolution rapide. Ce
sont donc les éditeurs de cartes qui adaptent leurs cartes aux
applications logicielles à l'exemple de la Gloria DCC d'Elsa,
sortie en septembre dernier, optimisée pour faire fonctionner
3DS Max et conçue en collaboration avec les ingénieurs de
Discreet.
Comment vérifier les performances données sur le papier
par les constructeurs ? Seul un comparatif avec les applications cibles
valident les performances réelles. L'importance de
réussir ces tests aboutit parfois à des manquements
éthiques. Les premiers drivers de la Radeon 8500 d'ATI incluait
semble-t-il une routine spéciale qui détectait Quake 3 et
dégradait le rendering en augmentant le débit. Un bon
coup de pouce pour réussir les tests comparatifs. ATI a du
retirer cette routine très controversée.
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Didier Paris
Président-directeur général
de Ondim
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Quels sont vos critères
de sélection des cartes 3D ?
Nous développons deux types d'applications temps réel
(exclusivement sous OpenGL) qui nécessitent chacune son type de
cartes. Pour nos applications de type bornes interactives ou
assimilées, la limitation principale étant la taille de
texture, la Geforce, surtout la III, s'impose. Elle est très peu
chère, particulièrement performante
(géométrie et rendu) par rapport à ses
concurrentes sous OpenGL et sa force principale est justement dans sa
mémoire de texture. On a eu des problèmes de gestion du
z-buffer avec la Geforce III qui ont été résolus
avec la dernière version du driver. En revanche, pour les usages
plus professionnels comme les simulateurs ou les systèmes
immersifs, le critère est la qualité du rendu qui
nécessite alors souvent l'anti-aliasing. Dans ce cas la Geforce
ne convient pas, ses performances s'écroulent lorsqu'on fait
usage de l'anti-aliasing. On utilise de préférence des
Wildcat de 3Dlabs (qui ciblent encore plus la CAO/CFAO que la
simulation), la 42-10 ou la dernière carte, la 51-10. Ces
cartes, assez chères, possèdent en outre deux sorties
vidéo indépendantes qui permettent par exemple la
visualisation stéréo dans les casques. La
définition des casques d’un prix abordable est souvent
assez pauvre, du 640x480 ou du 800x600, mais le résultat est
plus convaincant avec l'anti-aliasing. Enfin, lorsqu'on installe des PC
en cluster ou qu'un holobench nécessite deux sorties
stéréo indépendantes (stéréo
active), on peut synchroniser plusieurs cartes grâce au port
genlocking de la Wildcat. Au final, si le pixel rate de la Wildcat
n'est pas meilleur que la Geforce, ses trois atouts - l'anti-aliasing,
le genlocking et la stéréo – la rendent
précieuse.
Qu'attendez-vous des futures
générations de cartes ?
Toujours plus de mémoire, de la stéréo, du
genlocking et de l'antialiasing dans des cartes performantes à
un prix abordable. Et ce serait encore mieux d'avoir quatre ou six
canaux en sortie sur la même carte, ce qui éviterait de
devoir genlocker. On peut espérer qu'avec la
généralisation des simulateurs, voire des systèmes
immersifs dans l'industrie, les constructeurs vont s'y
intéresser. Actuellement, ce sont les besoins du jeu qui
définissent le développement des cartes 3D Grand Public.
A l'avenir, d'ici quelques années, l'effet de volume se trouvera
aussi dans l'industrie, entre autres avec les postes de formation
à la maintenance. De gros projets se préparent, par
exemple dans l'aéronautique, pour former des milliers
d'ouvriers. Les cartes PC professionnelles dédiées
à la simulation devraient se démocratiser, à moins
que les cartes pour jeux vidéo ne les rattrapent avant !
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3Dlabs
Les cartes Wildcat de 3Dlabs sont dans les plus chères des
cartes professionnelles dédiées OpenGL. Mais c'est
justifié. Outre un anti-aliasing réellement de
qualité, elles peuvent gérer jusqu'à 24 sources
lumineuses hardware. Elles étaient produites à l'origine
par Intense 3D qui a été racheté en Juillet 2000
par 3Dlabs qui a mis un peu de côté sa gamme Oxygen. La
rentrée 2001 a vu l'arrivée d'une version
améliorée de leur produit haut de gamme, la Wildcat
5110-G, dédiée murs vidéo et théatres
virtuels. Les fonctions Genlock et Multiview offrent de nouvelles
possibilités de synchronisations extérieures.
ATI
Réputée pour ces processeurs graphiques, qui
équipent la GameCube de Nintendo, ATI construit aussi des cartes
graphiques. On peut citer la Fire GL 4 très efficace pour faire
tourner des applications OpenGL comme 3DS Max. Pressuré entre
3Dlabs sur le haut de gamme et Nvidia sur le marché grand
public, ATI a lancé une contre-offensive au milieu de
l'année dernière avec une nouvelle
génération de processeurs, les Radeon 8500, qui
gèrent DirectX 8.1 de Microsoft. Malgré les rachats
successifs et rapprochés qu'a du supporter l'équipe
allemande de développement de la série Fire GL, le
résultat est largement à la hauteur du produit
concurrent, la Geforce 3 de Nvidia. Deux nouvelles cartes
professionnelles utilisent ces nouveaux processeurs graphiques, la Fire
GL 8800 sortie en Août dernier et la Fire GL 8700 en Novembre
dernier. Pour exploiter cette nouvelle technologie, qui fournit un
débit deux fois plus important en géométries, en
pixels et en textures par rapport à l'ancienne
génération, ATI a développé une
série de nouvelles fonctions 3D dont entre autres TruForm,
SmartShader avec shaders anisotropiques, et SmoothVision, une
technologie d'antialiasing propriétaire qui supporte la
profondeur de champ et le motion blur de DirectX 8.1.
Frédéric
Cros, Mac Guff Ligne
Quels sont vos critères
de choix d'une carte 3D ?
Pour nous, une carte 3D a pour vocation de de faire tourner les
applications que nous utilisons en production sur des postes de travail
les moins chers possibles, tout en offrant le plus de puissance
possible. Pour la plateforme, nous avons passé nos applications
internes – Symbor en modeling et en animation 3D, Trukor en
compositing et en effets speciaux - sous Linux. Et donc, pour nous, une
carte 3D doit être accompagnée de drivers pour Linux. Le
choix se réduit à peu près à un fabricant :
Nvidia.
Les raisons pour lesquelles nous avons opté pour Nvidia sont:
1/ Ils ont été les premiers à avoir pris la peine
de développer un driver qui marche vraiment sous Linux.
2/ Leur driver marche avec un serveur XFree86 standard (HP utilise son
propre serveur X).
3/ Le driver est le même pour toutes leurs cartes.
4/ Ça marche, même avec des cartes bas de gamme.
5/ Comme nous développons nos propres applications, il est
préférable pour nous de ne pas trop nous disperser : il
n'est pas très utile de perdre du temps à gérer
plusieurs serveurs X pour plusieurs librairies OpenGL. Donc, tant qu'on
est content avec Nvidia, on va rester avec eux.
Comment valider le choix d'une
bonne carte ?
Pour choisir une carte plutôt qu'une autre, le test consiste
assez simplement à voir si les gens peuvent travailler dans de
bonnes conditions avec les applications que nous utilisons (Maya ou
outils internes). En termes de performances 3D pures, ces cartes sont
tellement supérieures à celles que nous pouvions avoir
sur stations SGI O2 jusqu'au début 2001 que même les
cartes Nvidia bas de gamme pourraient assez largement suffire pour
pouvoir travailler.
Il est important qu'elles sachent afficher des images, la plus haute
définition possible et le plus vite possible... En gros, de
pouvoir faire tourner un player du type fcheck, en temps réel
avec les plus grandes images possibles. Les premières versions
du driver Linux de Nvidia étaient très décevantes
de ce point de vue mais ils ont rectifié le tir.
Par contre, si plusieurs applications sont ouvertes en même temps
(ou même pour une seule application lourde comme Maya), vu
comment le driver Nvidia fonctionne, le paramètre qui devient
important est la mémoire: 64Mb c'est bien, 32Mb c'est un poil
juste : au bout d'un moment, le rendu software prend le relais.
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Elsa et Nvidia
Fort du succès de ses processeurs installés sur de
nombreuses cartes 3D, Nvidia s'est concentré sur leur
fabrication et a établi un partenariat en 1999 avec la
société Elsa. Cette dernière fabrique et
commercialise des cartes grand public - les Gladiac - et des cartes
professionnelles, les Synergie et surtout la série des Gloria,
toutes évidemment équipées de processeurs Nvidia.
En mai dernier, une étude réalisée par Gartner
Dataquest confirmait que Nvidia possédait la plus grosse part de
marché (34%) des processeurs équipant des cartes
graphiques professionnelles. Suivant la même étude, sur le
segment moyen de gamme, la carte Gloria II d'Elsa dominait
également le marché avec près de 23%.
Malheureusement, à cause d'une conception un peu trop aggressive
du marketing et afin d'occuper en permanence le terrain de
l'innovation, Nvidia et Elsa ont tendance a multiplier les variantes
des mêmes produits. Ainsi, parmi les deux
événements de l'automne dernier, se trouvent la Gladiac
921, version améliorée de la Gladiac 920 mais au
même prix, destinée aux passionnés de jeux et la
Gloria DCC. La Gladiac est équipée d'un processeur
Geforce3 Ti500, variante de la Geforce3 sortie six mois plus tôt
tandis que la Gloria est équipée d'un processeur Quadro2
Pro, variante de la Geforce2 MMX. La Gloria DCC inclut le Pilote ELSA
MAXtreme optimisée pour 3DS Max 4/Viz, qui élargit le
ViewPort avec Realtime Fog et Sorted Blending.
Les derniers modèles Elsa propose un moteur 3D programmable
unique dans son genre, le nFinite FX Engine, qui permet des effets
multiples : nuage volumétrique, effets de particules, surfaces
aquatiques animées, etc.
Les outsiders
Le partenariat Elsa et Nvidia donne un choix impressionnant de cartes
de qualité, moins chères que celles d'ATI pour un
résultat comparable. D'autres fabricants renommés de
cartes grand public comme Hercules intègrent eux aussi les
processeurs Nvidia. Hercules, qui a été racheté
par le groupe français Guillemot, a lancé à
l'automne dernier la Prophet III titanium qui inclut la Geforce3 ti500
nouvellement sortie. Ces cartes, compétitives en coût,
offrent des performances tout à fait honorables pour des
utilisations professionnelles, pour des postes d'infographie 3D ou pour
des applications temps réel. Ce constructeur intègre
d'autres processeurs dans le reste de sa gamme comme le KyroII de
STMicroelectronics.
Sur le Web
3Dlabs : www.3dlabs.com
ATI : www.ati.com
ELSA : www.elsafrance.fr
Nvidia : www.nvidia.com
Hercules : www.hercules.fr
Et avec Mac OS
Le support depuis Mac OS 8.6 de la librairie graphique OpenGL ainsi que
l'arrivée des logiciels 3D comme Maya sur Mac a exacerbé
la concurrence entre constructeurs de cartes 3D. La position
privilégiée d'ATI a été mise à mal.
Sa carte Rage 128 Ultra équipe certes les imac et les Power Mac
G4 peuvent être équipés de ses derniers
modèles Radeon. Mais ce sont les processeurs graphiques de
nVidia – les GeForce2 MX, avec 32 Mb et 64 Mb, ou les GeForce3
– qui sont proposés en standard sur les G4. La
dernière carte d'Elsa, la Gladiac 921, avec processeur nVidia
GeForce3 ti500, est aussi disponible pour Mac OS. De son
côté, Formac, associé à 3Dlabs pour les
processeurs, fournit les cartes ProFormance III de très bonne
réputation mais peine à sortir sa nouvelle
génération la ProFormance 4.
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© février 2002 François Ploye et Pixel SA