L'époque des pionniers de la
3D sur Internet est révolue, les différents
marchés ont été défrichés et les
outils soumis à l'épreuve de la réalité des
marchés. Ce dossier dresse un premier bilan dans ce domaine en
plaine effervescence.
L'euphorie des débuts de la 3D sur Internet est vite
passée. Les liaisons Internet haut débit se sont
diffusées beaucoup moins rapidement que prévues dans tous
les business plans et la faillite des dotcoms est venue brutalement
calmée les esprits. Tout le monde s'accorde sur le fait que le
marché de la 3D sur Internet a été catastrophique
en 2001.
2001, une année difficile
Conséquence, certaines technologies de valeur ont disparues du
marché. Duran a arrêté la commercialisation de
Mendel et recentre ses développeements sur le secteur du
cinéma. Et l'éditeur hollandais NaN, qui avait fait le
pari de commercialiser gratuitement un logiciel 3D, Blender,
fonctionnant sur iPAQ, et avec export sur le web, a
déposé récemment son bilan. La
rémunération de la technologie devait se faire lors de la
publication sur Internet. De nombreuses autres sociétés
ont souffert financièrement et certaines ont
décidé de se reconvertir. C'est le cas en particulier de
Pulse et de Superscape. L'éditeur anglais, Superscape, proposait
une solution de qualité pour l'e-commerce, SeV. Il a
décidé de se consacrer exclusivement au marché
futur de la 3D sur mobiles, PDA et téléphones portables.
Quant à l'ancien éditeur de jeux vidéo, Pulse
Entertainment, qui avait développé, Pulse 3D, un
outil pour Internet orienté jeu, avec de bonnes
fonctionnalités pour animation, il a aussi changé de
domaine d'activité. Garth Chouteau de Pulse explique que leur
nouveau produit est "solution complète à 75 000 $
permettant de créer des personnages interactifs, à partir
d'une seule image 2D et ce, en moins de deux minutes."
L'offre continue à
s'étoffer
Mais malgré ces abandons et ces reconversions, le nombre de
solutions a plutôt augmenté, il en existe actuellement
plus d'une centaine. De très nombreux produits sont apparus
l'année dernière sur le marché et d'autres sont en
cours d'élaboration. La 3D se démocratise, ainsi le
modeleur 3D Amapi inclut en standard un module 3Space, qui permet de
publier les objets modélisés, soit dans un format
propriétaire très compressé, soit dans les formats
de Viewpoint ou de Shockwave. Parmi les nouveaux venus, il faut
signaler un outil complet pour ceux qui trouvent que les logiciels 3D
classiques sont trop chers pour faire de la 3D sur Internet. Il s'agit
d'Axel de la société canadienne MindAvenue, qui pour 1100
Euros, fournit tous les outils de création nécessaires
à une scène interactive et animée. La publication
des objets sur Internet est gratuite. Mais Axel est une exception.
En effet la plupart des nouveaux venus font plutôt le pari de la
spécialisation et se cherche des créneaux. C'est le cas
de Brilliant Digital qui s'est lancé sur le marché du
film 3D, avec une technologie B3D qui permet de diffuser des
séquences de films 3D plein écran sur Internet.
L'idée, qui fonctionne, est que la 3D se compresse mieux que la
vidéo. Les applications sont diverses : bannières
publicitaires ou films à scénarios multiples,
nommé les "webisodes".
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La jeune société
française VisioSpace, de son côté, a misé
sur le marché industriel. Elle a développé un
algorithme de streaming adaptatif sur les textures qui permet de zoomer
dans un décor tout en conservant une bonne résolution.
L'outil d'authoring est externe, outil de CAO ou modeleur comme 3DS
Max. L'objectif est de naviguer en réseau dans un mesh 3D, avec
un streaming optimisé et adaptatif grâce à une
gestion dynamique du réseau et du CPU. Leur technologie sera
commercialisée fin 2002. Laurent Ach de VisioSpace explique :
"Nous ne croyons pas au marché grand public mais plutôt au
marché professionnel. Nous allons passer des accords avec des
gens qui dissèquent les formats standards CAO et nous
intégrer à des environnements collaboratifs. Des gens,
situés sur des sites distants, pourront être dans le
même environnement virtuel et avoir la capacité de zoomer
suffisamment pour lire des documents ou des plans."
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Laurent Ach |
La 3D n'est pas isolée
Un autre constat effectué par les éditeurs est que la 3D,
pour être opérationelle, doit s'intégrer dans le
système d'information existant de la société. Pour
nombre d'applications e-commerce ou portail 3D il est très utile
de s'interfacer aisément avec les bases de données
existantes. Pour cette raison, Cryonetworks a sorti récemment un
outil SHOPdimension destiné à la vente en ligne. De
même, 3d n'gine est connectable avec différentes bases de
données comme Oracle ou SQL server via le "Data Integration
Engine" (DIN).
Vers un standard 3D : le choc des
géants
Si les internautes ne semblent pas hésiter à
télécharger de multiples plugins, la venue d'un standard
serait néanmoins la bienvenue. Les solutions Java, qui ne
tenaient pas la comparaison par rapport aux technologies
propriétaires, sont revenues en force. La qualité du
rendering est devenue tout à fait honorable voire très
bonne pour certains produits comme 3D Anywhere, Janet3D, Kaon, Shout
3D, ADG ou Sumea. Mais comme François Ricolleau de Business
Interactif le précise : "La guerre contre Java menée par
Microsoft depuis WindowsXP, oblige les utilisateurs XP à
télécharger une machine virtuelle qui pèse 5 Mo. A
mon sens, l’avenir du développement des outils Java pour
la 3D est en partie lié à l’évolution des
relations entre Sun et Microsoft."
On attend aussi toujours que l'un des deux poids-lourds, Adobe et
Macromedia, réussissent à implanter largement sa
solution, devenant la référence incontournable comme
Flash l'est devenu en 2D. Mais leurs produits sont sortis il y a plus
d'un an, et n'ont pas encore réussi à totalement
convaincre. Leurs stratégies sont assez différentes.
Adobe, avec sa plateforme Atmosphere, a d'emblée viser le
marché des mondes virtuels complexes avec avatars,
communautés et dialogues en ligne (chat). Des partenariats ont
été passés avec des éditeurs de
technologies 3D renommées comme Viewpoint, Havoc ou Virtools. Si
la qualité finale est satisfaisante, l'ensemble est très
lourd à télécharger (4 Mo !!) et à
visualiser. La version beta du programme d'authoring, Atmosphere
Builder, est téléchargeable gratuitement. De son
côté, Macromedia a passé un partenariat avec Intel
pour le développement de sa technologie Shockwave 3D directement
intégrée dans Director Shockwave Studio. Son produit est
à visée multimedia et 3D généraliste. Son
langage de programmation lingo, très riche, permet de
définir des interactions complexes. Macromedia a en outre
passé de nombreux accords avec les fabricants de logiciels 3D,
comme Discreet, Alias!Wavefront et Newtek, pour qu'ils intègrent
le format w3d. Macromedia a donc toutes les cartes pour imposer son
format comme standard, à condition maintenant de perfectionner
son produit.
Quel marché pour la 3D ?
Si les outils sont très nombreux, les sociétés
créatrices de contenus, sont confrontées quotidiennement
à la réalité du marché et de la production.
Sur chaque marché, les contraintes des productions ont
révélé quelques produits phares qui se
détachent du reste et qui concilient qualité du
résultat, productivité et rentabilité. Sur le
marché grand public, l'essentiel des applications ont trait
à l'e-commerce, la présentation de marque ou les jeux
publicitaires. Les catalogues 3D en ligne ont plus du mal à
démarrer car la production de modèles en
quantité est trop coûteuse. Les présentateurs
virtuels, de leur côté, ont aussi du mal à
être vendus, les clients n'étant pas toujours
persuadés de la rentabilité de l'opération.
Côté professionnel, les environnement virtuels se
développent pour du travail collaboratif, de la maintenance
à distance ou de la formation. Enfin, malgré ses
incertitudes, le marché futur de la 3D sur mobiles (PDA,
téléphones) commence à susciter des vocations.
Sur le Web
3Space / TGS
tgs.com/3space
Axel / MindAvenue
mindavenue.com
B3D / Brilliant Digital
b3d.com
VisioSpace
www.visiospace.com
Atmosphere / Adobe
www.adobe.fr/products/atmosphere
Shockwave 3D / Macromedia
www.shockwave.com
© mai 2002 François Ploye et Pixel SA