Dossier la 3d sur le web : Présentateurs virtuels

Sur Internet apparaissent des personnages virtuels qui viennent guider, informer ou distraire l'internaute. Des technologies dédiées ont été mises au point qui conjuguent compression et rapidité d'animation.


La star des outils 3D pour les personnages virtuels sur Internet est sans contexte QEDSoft. L'attrait de cette technologie est de pouvoir superposer aux pages HTML des scènes animées issues des logiciels 3D classiques (3DS Max, Maya, Lightwave, Cinema 4D et Filmbox). Les guides virtuels bougent de manière fluide y compris pour ceux équipés d'une simple liaison 56K. En effet, une fois le modèle téléchargé, seules les données sonores et d'animation sont streamées.

Le prix de l'outil de production, QEDStudio, qui importe les données 3D et sonores, est de 4450 Euros. Il permet de publier instantanément de manière classique sur Internet les animations mais il n'y a pas d'optimisation en fonction du réseau. Aussi QEDSoft a développé un serveur de streaming, QEDStreamer qui gére la transmission de données en fonction de la bande passante de l'utilisateur final. Autres avantages, le contenu 3D est aussi encrypté et des modules additionnels, les Xtensions, peuvent être utilisés. Le prix du serveur est entre 7990 et 14990 Euros en fonction du nombre de CPU utilisés. Le premier module, le MIXER, permet le mixage et l'enchaînement en temps réel des briques d'animations et de son. Il est vendu entre 5990 et 12990 Euros en fonction du nombre de CPU du serveur. Le deuxième module, Live Event, encore plus ambitieux, est en cours de développement. Il doit permettre un dialogue cohérent et en temps réel entre le personnage virtuel et l'internaute.

Deux sociétés françaises ont développé aussi des solutions pour diffuser des agents 3D sur Internet, animables par des scripts d'animation. L'équipe de La Cantoche production, qui avait prouvé ses talents d'animations avec des agents Microsoft a développé un outil, Living Actor, mis gratuitement à disposition de ses partenaires. Le client final paie une licence d'utilisation en fonction du support, CD rom, Internet ou autres, qui va de 6000 à 30000 Euros par an. Il a sa disposition un outil de scénarisation en ligne, Scene Maker. La future version de Living Actor, prévue cet été, va intégrer un moteur d'Intelligence Artificielle comportementale, qui promet là aussi des dialogues temps réel constructifs entre les internautes et les agents 3D. Enfin, Mediaphora (anciennement Semaphora) a développé un outil qui permet d'importer des animations de Softimage mais qui n'est pas commercialisé.

    Desclics
    Xavier Chauveau, Directeur commercial
    Thierry Guiard-Marigny, Directeur technique

    Créé en 1996, Desclics est une agence de personnages virtuels, déclinables sur de nombreux supports, de la présentation Powerpoint au temps réel. La 3D sur Internet représente une part faible de leur activité mais la technologie elle-même est utilisée largement sur d'autres supports comme les CD rom ou les Intranets.

    Quelle technologie avez-vous choisie ?

    Nos avatars sont intégrés sur les sites pour plusieurs usages. Ils peuvent servir de guide virtuel, animer des jeux, raconter des blagues ou délivrer de l'information. Nous avons fait le choix de Qedsoft qui est compatible multi-plateformes et qui délivre un vrai streaming d'animations. De plus, la couche rich media est très puissante, elle permet par exemple à l'internaute de changer interactivement la tenue ou la coiffure. D'autres solutions pour faire des avatars existent mais qui sont moins productives ou qui sont axées agents 3D. Dans ce dernier cas, ce ne sont pas des courbes d'animation qui sont streamées mais des scripts décrivant les animations qui sont envoyés. Le résultat est moins bien contrôlé.

    Mais notre savoir-faire n'est pas restreint à une technologie, nous avons aussi créer des personnages 2D, animés en Flash ou agents Microsoft.

    La production de vos personnages est-elle automatisée ?

    Nous avons une importante bibliothèque de personnages et nous pouvons en créer à la demande. Dans tous les cas, il faut enregistrer les voix, la synthèse vocale n'est pas une solution séduisante. L'animation peut être faite de plusieurs manières, soit en motion capture qui est plus chère, soit par des marionnetistes avec des interfaces adaptées. Nous avons de plus développé un outil de lipsync qui fait correspondre les bonnes expressions de visages aux voyelles. Les clignements des yeux sont automatiques. Si le budget l'autorise, nous pouvons rajouter des détails d'animation, comme des clignements des yeux expressifs. Les coûts de production sont déjà réduits, cinq minutes d'animations reviennent à moins de 6000 Euros pour un personnage déjà construit. Il sera difficile de faire mieux.

    Attendez-vous des innovations de la part des éditeurs ?

    A court terme, nous n'attendons rien de la part de Qedsoft, la technologie est suffisamment au point. A plus long terme, les progrès en Intelligence Artificielle autoriseront de vrais échanges avec les personnages 3D. Notre souhait le plus urgent est la nécessité d'avoir un standard 3D qui s'impose sur Internet.

Sur le Web :

QEDSoft
www.qedsoft.com
Living Actor / La Cantoche production
www.living-actor.com
Mediaphora
www.mediaphora.com

© mai 2002 François Ploye et Pixel SA