Jeux
en ligne, e-commerce, e-formation, pratiquement toutes les applications
de la 3D sur Internet exploitent maintenant avec bonheur les
possibilités de mondes virtuels immersifs. Mais le domaine
est encore difficile techniquement, les outils
dédiés aux environnements 3D sont parmi les plus
complexes à programmer et les plus lourds à
télécharger.
Les environnements virtuels sur Internet peuvent servir à de
multiples usages : jeu, chat ou portail 3D et ludique vers les services
culturels et administratifs d'une municipalité. En pratique,
tous ces marchés n'ont pas encore trouvé
forcément leur modèle économique et
beaucoup de prouesses graphiques et technologiques ne
dépassent pas le stade de la démonstration.
Néanmoins, la réalité commerciale de
certaines applications s'est confirmée et les outils de
conception deviennent de plus en plus productifs.
Le plus simple pour créer un environnement virtuel
interactif est le 360° à partir de prises de vue
photographiques, cylindrique ou sphérique, comme dans
Quicktime VR ou Ipix, ou RichFX. L'éditeur Realviz, connu
entre autres pour son outil de reconstruction de panaromas, Stitcher, a
commercialisé récemment un nouvel outil, Scene
We@ver, qui permet de combiner panorama photographique et objets 3D
suivant un mode original.
Mais souvent le monde est imaginaire et l'interactivité
recherchée est plus complexe. Il faut créer des
mondes 100% 3D. Dans le monde de l'industrie, OpenWorlds a une bonne
réputation, l'éditeur a acquis ses lettres de
noblesse en réalité virtuelle en simulant la
station spatiale internationale pour la NASA. Axé CAO,
compatible avec X3D le successeur du VRML, très ouvert
à la programmation, OpenWorlds offre un rendering de
qualité avec bump mapping et réflexions. Il est
bien adapté pour des programmes industriels complexes en
formation ou en démonstration. Il est en revanche
inadapté pour l'Internet grand public. Le plugin est lourd,
à presque 2 Mo et la programmation doit être faite
en C++.
Beaucoup plus accessible, la société
française Network Systems, éditrice de la
solution 3Dn'gine, a sorti récemment la version 1.6 de son
outil de production, Worldmaker, téléchargeable
gratuitement. L'ergonomie a été
améliorée et plusieurs nouveaux imports sont
possibles avec les objets obj, 3DS et VRML. La
spécificité du produit est de permettre de faire
aussi bien des 360°, des objets 3D ou des environnements 3D ou
de combiner les trois. L'utilisation de la technologie est gratuite
pour des usages non commerciaux, comme des démonstrations.
Dans le cas d'un usage commercial, le client final va payer une licence
annuelle en fonction du trafic, au nombre de visiteurs uniques, de 1262
Euros pour moins de 5000 visiteurs par mois à 24697 Euros
pour plus de 500 000 visiteurs par mois. Un mode de licence au clic est
aussi possible à 0,15 centimes d'Euro le clic. Comme
l'éditeur Network Systems est aussi hébergeur, il
propose des packages - contenu personnalisable et
hébergement - pour des secteurs particuliers. Il existe
déjà, dans cet esprit, une offre ASP pour des
galeries d'art.
Une autre société française, Virtools,
a acquis une excellente réputation en développant
une interface permettant la création rapide de programme de
simulation interactif. Elle est maintenant présente sur le
Web. Les applications de son produit sont le jeu mais aussi les
applications traditionnelles de la réalité
virtuelle : les démonstrations, la communication ou la
formation. Le principe est de pouvoir programmer
l'interactivité grâce à une
arborescence de briques. Plusieurs milliers de ces briques sont
fournies dans la bibliothèque de base, qui est extensible
à volonté par programmation. L'outil d'authoring,
Virtools Dev, coûte environ 5000 Euros. Les
données 3D peuvent être publiées
simplement sur le web ou par l'intermédiaire d'un serveur
qui optimise le préchargement et adapte automatiquement le
contenu. Il coûte 25000 Euros sans limitation de connexions.
Afin d'étendre son offre, Virtools a prévu de
sortir cet été une extension permettant la
création de communautés virtuelles, à
plusieurs joueurs.
Pour la création de communautés virtuelles, deux
solutions réputées existent
déjà : Blaxxun et surtout SCOL
développée par Cryonetworks, filiale de
l'éditeur de jeux français, Cryo.
L'éditeur Blaxxun a développé des
outils standards. Contact, son viewer VRML, a été
utilisé pour le "Deuxième monde" de Canal+ et
Blaxxun a mis au point aussi un excellent viewer Java de 55 Ko, Blaxxun
3D, compatible lui aussi VRML. Les scènes sont
fabriquées par des outils pouvant exporter du VRML comme 3DS
Max. La licence s'achète pour un nombre d'utilisateurs
instantanés maximum, par exemple 50 utilisateurs en
instantané revient à 15000 Euros.
La société Cryonetworks, de son
côté, a développé un outil
de développement, SCS 2.0 (Site Construction Set), qui
permet de créer des communautés virtuelles en 3D
temps réel, avec des avatars paramétrables
(photos ou vidéos projetées sur le visage) et de
multiples outils de communication (chat text ou vocal, web cam, etc).
SCS est vendu environ 400 Euros. Des licences pour les serveurs sont a
achetées ensuite en fonction du trafic, pour vingt
utilisateurs connectés en simultané, on est
à moins de 1000 Euros, pour 500 utilisateurs, on est
à plus de 10000 Euros. Cryonetworks a
complété récemment sa gamme de
produits, vers le grand public avec un outil, E-maginer, qui permet
à chacun de paramétrer son propre univers virtuel
et de le mettre en ligne. La version de base coûte 19 Euros.
Du côté des applications professionnelles,
Cryonetworks a sorti un nouveau produit, SHOPdimension,
destiné à la vente en ligne, qui coûte
environ 3500 Euros.
Idealys
Aziz Aluthman, gérant
Créée en 2001, la société
Idealys Entertainment est spécialisée dans la
fabrication de jeux 3D en ligne à but publicitaire. Quatre
jeux ont
déjà été
fabriqués et diffusés sur tous les portails
européens. Une
autre application de leur savoir-faire en 3D est la formation
professionnelle sur Intranet, comme la simulation de chaîne
de
production.
Quels sont les jeux que vous
fabriquez ?
Nous fabriquons des jeux 100% 3D à but publicitaire,
commandés par une
marque ou par plusieurs marques en co-branding. Comme ces jeux doivent
être le plus largement diffusés sur Internet, ils
sont accessibles aux
liaisons 56K et sont très légers à
télécharger, pèsant moins de 500 Ko
à 800 Ko. Malgré ces contraintes, la
qualité est au rendez-vous, ces
jeux exploitent les possibilités des cartes graphiques
(OpenGL ou
Direct 3D), sont jouables plein écran et
intègrent des effets de
rendering avancés comme le volumétrique ou les
particules.
Quelle technologie 3D
avez-vous choisie ?
Nous avons fait le choix de Virtools pour l'ensemble de nos
applications. C'est l'outil le plus complet, avec un moteur de rendu de
qualité et une compression des textures très
performante. De plus
l'univers de développement est facile et très
productif, à partir des
building blocs (les événements) ou par code. Des
logiciels comme Wild
Tangent ou SCOL nous ont semblé moins performants en
rendering.
Comment voyez-vous le futur ?
Evidemment, on ne peut que souhaiter un parc informatique qui
évolue
plus vite. On est loin actuellement de pouvoir exploiter toutes les
possibilités de Virtools. Par ailleurs, il faudrait que
Virtools soit
un peu plus stable, c'est un produit encore confidentiel, qui n'est pas
assez testé et débuggé. Et
même si les internautes n'hésitent pas
à
télécharger les plugins, ce serait bien d'avoir
un format qui s'impose
comme cela a été le cas avec Flash pour la 2D.
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Com'in
Edouard Guéron, Directeur
Jean-Claude Glombard, Analyste-Concepteur
A l'origine société de développement
de système de gestion de Bases de
Données, la société Com'in a
été créée en 1988. Depuis
trois ans, tout
en continuant l'activité classique, ils ont
développé une activité de
formation et de développement avec SCOL qui a
représenté en 2001 la
moitié de leur chiffre d'affaires.
Quels développements
faites-vous avec SCOL ?
Nous sommes le seul partenaire de Cryo à avoir
développé une compétence
en développement SCOL. Nous avons d'ailleurs
été choisi par Cryo pour
fabriquer leur extranet où les VAR peuvent retrouver leurs
prospects
dans un monde virtuel. Nous nous associons avec des partenaires
graphiques pour la réalisation des projets. Nous travaillons
actuellement sur un Intranet professionnel pour Hafiba. Le principe
consiste à proposer aux utilisateurs autorisés,
une interface SCOL
3D/2D temps réel, permettant la visite ou la constitution de
kiosques
virtuels à partir d’images de couvertures de
magazines
disponibles.Notre spécificité est de savoir
relier cet univers virtuel
aux bases de données existantes chez le client. Par
ailleurs, nous
avons d'autres projets en préparation, dont une galerie
photo dont nous
avons réalisé un prototype.
Et le futur ?
Il existe un marché des applications e-commerce de
communautés
virtuelles avec liaisons aux bases de données. Par exemple,
on peut
imaginer un système de location de places de
théatre où on vient
choisir sa place dans le décor virtuel du
théatre, et où on peut être
renseigné par un guide virtuel payé par le
théatre. D'ailleurs Cryo
commercialise un nouveau produit SHOPdimension qui permet de valoriser
un site marchand classique par une interface 3D qui donne
accès à tous
types de Bases de Données de type SQL.
Quant au moteur de SCOL, il va évoluer d'ici deux mois vers
une
intégration OpenGL complète avec entre autres de
vraies lumières et des
particules, ce qui va lui permettre de rattraper son retard en
rendering par rapport à Virtools.
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Sur
le Web
Scene We@ver / Realviz
www.realviz.com
OpenWorlds
openworlds.com
3Dn'gine / Network Systems
www.3dngine.net
Virtools
www.virtools.com
Contact / Blaxxun
www.blaxxun.com
SCOL, SCS / Cryonetworks
www.cryo-networks.com
© mai 2002 François Ploye et Pixel SA