Dossier le Rendu 3D : Passer des dessins animés à la 3D
Lors de la deuxième
édition des conférences NPAR (Non Photorealistic
Animation and Rendering) qui s'est tenue à Annecy du 3 au 5 Juin
dernier, la conférence de Scott Johnston a suscité
l'intérêt de tous. Ses travaux de recherche portent en
effet sur la reconstruction automatique d'un volume à partir
d'un dessin au trait d'un personnage ou d'un objet. Cette
reconstruction permet ensuite d'éclairer le résultat
comme un vrai volume 3D et de l'intégrer ainsi plus facilement
dans des décors en prise de vue réelle ou en images de
synthèse. Cohérente d'un dessin sur l'autre, cette
technique est utilisable en animation.
Scott Johnston est déjà un expert reconnu de
l'intégration de la 3D et de la 2D, ayant travaillé
plusieurs années chez Disney, en particulier sur les
scènes 3D remarquées de la "Belle et la Bête" en
1991 et du "Roi Lion" en 1994. Il a fondé sa propre compagnie en
1997, Fleeting Image Animation et a assuré récemment la
coordination artistique du long-métrage "Le Géant de fer"
produit par la Warner. De ces travaux, Scott Johnston a remarqué
que "si les dessins animés comportent de plus en plus de
synthèse, l'écart visuel entre les décors peints
et les personnages animés s'accroît." Autre remarque, "les
films en pure 3D sont devenus très populaires même s'il
existe encore une place pour des films 2D remarquables comme "Lilo et
Stitch"." Mais son constat diffère de celles des producteurs qui
en déduisent qu'il faut fabriquer en 3D. "Je pense que le public
est demandeur d'un style 3D et non d'une technique. Mon objectif est de
continuer à utiliser les animations traditionelles dans une plus
large variété d'ambiances visuelles. J'ai en
développement un projet de long-métrage. Actuellement,
nous travaillons sur une séquence de test de 45 secondes pour
valider la technique avec plusieurs personnages placés dans
différentes situations d'éclairage."
© Septembre 2002 François Ploye et Pixel SA