Confortée par
son rachat par
Creative Labs, la société 3Dlabs lance une
nouvelle
génération de cartes graphiques moyen de gamme,
les
Wildcat VP, qui utilisent de nouveaux processeurs P10 programmables.
La société 3Dlabs est renommée pour
ses cartes
graphiques Oxygen développées en Angleterre dont
elle
fabrique elle-même les processeurs. Suite au rachat en
Juillet
2000 d'Intense 3D, elle propose aussi l'excellente gamme de cartes
professionnelles Wildcat développée à
Huntsville
aux USA. Depuis mai de cette année, 3Dlabs est devenue une
filiale indépendante du groupe Creative Labs,
basé
à Singapore. Ce groupe est présent aussi bien
dans les
équipements audio – avec le rachat en 1994 de E-MU
- que
dans les solutions graphiques. Commercialisant ses propres cartes
graphiques, Creative Labs investit depuis plusieurs années
dans
les différentes sociétés du secteur,
comme Cirrus
Logic, 3DFX ou encore nVIDIA. Son positionnement se renforce ainsi
très fortement avec l'acquisition d'un des fabricants
reconnus
de processeurs graphiques, éléments essentiels
des cartes
3D. Les fabricants de processeurs graphiques sont devenus au fil des
années très rares étant
donnés les
coûts d'investissement énormes et la
rapidité de
l'évolution technologique. En dehors de 3Dlabs, il ne reste
que
Matrox, nVIDIA et ATI.
Creative Labs, au travers de 3Dlabs, a comme ambition d'attaquer de
front la prédominance de nVIDIA qui équipe en
processeurs
plus de la moitié des PC vendus. Cette offensive va se faire
en
deux temps : d'abord avec la sortie cette année des cartes
Wildcat VP moyen de gamme à moins de 1000 $US puis
ultérieurement de cartes grand public sous leur propre sigle
à moins de 300 $US. Pour simplifier le positionnement, le
nom
Oxygen est abandonné et toutes les cartes
fabriquées par
3Dlabs sont maintenant regroupées sous la marque unique
Wildcat.
Ainsi les nouvelles cartes VP se nomment Wildcat alors qu'elles sont
fabriquées en Angleterre par les équipes qui ont
développées les cartes Oxygen.
La
gamme Wildcat VP
La nouvelle gamme va être déclinée en
trois
modèles, la Wildcat VP970 et la Wildcat VP870 qui ont toutes
deux 128 Mb de mémoire, ainsi que la carte Wildcat VP760,
à 64 Mb. Toutes ces cartes ont un RAMDAC de 370 MHz,
tournent
sous environnement Windows et sont compatibles OpenGL 1.2 et DirectX
8.1. Côté définition, leur
résolution
maximum est de 2048x1536 et elles possèdent une vraie double
sortie moniteurs. En 3D, les fonctions incluent plusieurs modes
d'anti-aliasing, un z-buffer 32 bits, des textures anisotropiques et 3D
et jusqu'à seize sources lumineuses hardware. Enfin, les
performances vont de 75 Mtriangles tracés à la
seconde
pour la VP970 à 55 Mtri/sec pour la VP170, ce qui les
rangent
d'emblée, parmi les cartes les plus rapides du
marché.
Une
nouvelle génération de processeurs
Ces cartes sont construites autour d'une nouvelle
génération de processeurs P10, dits VPUs, pour
Visual
Processor. Le principe révolutionnaire de ces
processeurs,
qui sont plus complexes qu'un Pentium 4, est de pouvoir
exécuter
des programmes manipulant tous types de données visuelles,
2D,
3D, images fixes ou animées ou voxels. Leur puissance
provient
d'une massive parallélisation des calculs, obtenue
grâce
à une architecture originale et à l'utilisation
optimisée de leurs 76 millions de transistors. La souplesse
de
programmation est obtenue en remplaçant le pipeline
graphique
traditionnel rigide par des processeurs programmables SIMD (Single
Instruction, Multiple Data). Les processeurs P10 intègrent
plus
de 200 de ces processeurs SIMD à 32 bits et sont ainsi
capables
de traiter 20 Gbytes/sec. De plus les capacités de la
mémoire sont étendues grâce
à une
mémoire virtuelle de 16 Gb.
Une des idées importantes qui a
présidé à
la conception des processeurs a été de revenir
sur
l'utilisation des architectures à base de vecteurs. Les P10
manipulent directement les vertex (les points), ce qui leur permet de
traiter tous types de données. L'avantage, en dehors de la
souplesse de programmation, est la rapidité
générale d'exécution, qui est valable
y compris
avec le traitement des vecteurs assimilables à deux points.
L'ensemble étant soigneusement organisé autour de
cette
manipulation de base, un certain nombre d'opérations
complexes
sont accessibles aux développeurs dont les sous-fonctions et
les
boucles. Résultat, une fonction essentielle comme
l'anti-aliasing peut être calculée de plusieurs
manières : par un tracé quatre fois plus grand,
qui est
ensuite refiltré, par un suréchantillonage
à
l'intérieur de chaque pixel, ou par un calcul multiple dans
le
temps pour le motion blur. L'espoir de 3Dlabs est que cette nouvelle
architecture permette de calculer en temps réel une large
variété de shaders complexes
nécessaires au
photo-réalisme, du type ray-tracing sur des objets
volumiques ou
compression et décompression à base d'ondelettes.
La
modernisation attendue de OpenGL
L'intérêt d'une architecture puissante et
modulable est de
permettre la programmation du processeur graphique par un langage de
haut niveau. Dans ce domaine, la stratégie de 3Dlabs, face
aux
langages propriétaires du type DirectX de Microsoft ou le
nouveau Cg shader de nVIDIA, est de s'appuyer sur le standard OpenGL.
Conscient que ce dernier a néanmoins besoin d'être
rajeuni, ayant très peu évolué depuis
la version
1, 3Dlabs a proposé des spécifications pour une
nouvelle
version 2. Ils ont d'ailleurs déjà mis au point
un
prototype de driver de OpenGL 2.0 pour en montrer les
possibilités, et qui tire parti de la
programmabilité des
VPUs. La définition des spécifications de la
version
2 est supportée par plusieurs autres
constructeurs, en
particulier SGI, ATI et Apple. 3Dlabs propose aussi un prototype de
driver pour la version 9 de DirectX. Ce driver ainsi que celui de
OpenGL 2 sont disponibles pour les développeurs sur demande.
Après deux ans de développement et d'absence de
nouveaux
produits de la part de l'équipe anglaise de 3Dlabs,
l'arrivée de cette nouvelle gamme plus abordable en
coût
et très innovante en terme de capacité de
programmation,
est une bonne nouvelle qui va stimuler le secteur. nVIDIA
évoque
aussi de son côté l'introduction prochaine de GPUs
programmables. Cette nouvelle architecture de programmation
répond à une demande de la part des programmeurs,
épuisés par les adaptations en micro-code
nécessitées par chaque nouvelle
génération
de cartes. Le spectre des applications en est large et va ouvrir de
nouveaux horizons aussi bien pour les éditeurs de solutions
de
palettes ou de post-productions que pour les acteurs de la 3D.
Sur
le Web
3Dlabs : www.3dlabs.com
OpenGL 2 : www.3dlabs.com/support/developer/ogl2/index.htm
Fiche technique :
Mémoire : VP970 (128
Mb), VP870 (128 Mb), VP760 (64 Mb)
RAMDAC : 370 MHz
Nombre de points
tracés à la seconde :
VP970 (225 M), VP870 (188
M),
VP760 (165 M)
OS : Win XP/2K/98/Me
Drivers : OpenGL 1.2 (1.3 si
besoin), DirectX 8.1
Slot : AGP 1X/2X/4X/8X
Prix : VP970 (1400 $US),
VP870 (799 $US), VP760 (599 $US)
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© Septembre 2002 François Ploye et Pixel SA