Dossier Montage Video : Témoignages
Dominique
Pochat, Purple, Réalisateur-producteur
Créée début 2000, la
société Purple
produit et post-produit des films publicitaires,des billboards, des
génériques, des courts métrages et
des E P K (Electronic Press Kit) pour les maisons de disques.
Quels
outils utilisez-vous ?
Nous utilisons After effect, Photoshop, Illustrator, Cinema 4D, et
Final Cut que nous avons depuis un an. Nous faisons aussi de
l’animation traditionnelle. Ce qui nous intéresse
c’est l’utilisation et le mélange de
toutes les
techniques de l’image. On utilise Final Cut pour toutes nos
présentations car c’est le seul moyen pour nous
d’avoir un retour vidéo. On s’en sert
aussi pour le
montage pour tout ce qui est tourné en DV, comme les
court-métrages et les EPK, ainsi que pour les dessins
animés. En revanche, en ce qui concerne les
publicités
tournées en 35 mm je vais monter sur Avid à
l'extérieur car ainsi je suis sûr que les edit
lists vont
fonctionner sur Flame pour les conformations.
J’ai choisi Final Cut parce que nous sommes
équipés
de huit postes de travail Macintosh pour un PC. C'est un outil qui me
semblait extrèmement simple d’utilisation et tout
a fait
dans la logique Mac. J’ai réussi a m’en
servir avant
d’avoir lu la documentation. Tout est simple et intuitif et
l'interactivité et la compatibilité avec After
Effects et
Photoshop m'ont séduit aussi. En présentation, la
souplesse du soft me permet de
faire
des modifications en instantané. Nous utilisons
essentiellement
les transitions simples comme les cuts et les fondus, pas les effets et
nous sommes restés aux plugins de base. Final Cut est aussi
très pratique pour les sous-titrages.
Que
souhaiteriez-vous comme améliorations ?
Il serait très agréable de pouvoir utiliser des
codecs
non compressés en import. Peut-être faut-il
configurer
différemment le Macintosh. Cela nous permettrait de
travailler
en qualité broadcast et donc de faire tous les montages que
nous
faisons actuellement sur Avid. On pourrait aussi s’en servir
pour
digitaliser nos éléments car pour
l’instant on
passe
par un Flame. Enfin, il subsiste quelques bugs, comme le fait que
lorsqu'on désactive une time line on perd tous les liens
avec
les fichiers déjà calculés. Mais
à part
cela, je touve que Final Cut est un outil vraiment génial,
très adapté à notre
activité.
Laurent Verduci,
Directeur Général de Video Relief
Stéphane
Bouchez, AVA Production,
Réalisateur,
La société Video Relief est
spécialisée
dans la fabrication de films video en relief, prise de vue
réelle ou images de synthèse. Le compositing et
les
effets spéciaux sont réalisés avec
Digital Fusion
et le montage avec Adobe Premiere. Video Relief travaille en
partenariat avec la société de productions, AVA
production, qui est équipée pour le montage de
Media
Studio Pro.
Comment
réglez-vous le relief lors de vos montages ?
A Video Relief, nous visualisons le relief lors du
pré-montage
en anaglyphique. Dans les effets permis par Premiere, il est possible
de créer un filtre qui mixte deux pistes A et B,
correspondant
à la vue gauche et à la vue droite. Nous avons
donc
développé un plugin de correction de couleurs et
de
fabrication de l'anaglyphe. Chez AVA production, le relief n'est pas
notre spécialité première et nous nous
sommes
équipés plus tard, nous avions donc davantage le
choix
des outils. Nous avons choisi de travailler avec Media Studio Pro, qui
est un outil efficace et facile à apprendre. Nous ne testons
pas
le relief mais nous comparons les deux vues gauche et droite
grâce à deux fenêtres ouvertes
simultanément.
Il faut se rendre compte que la visualisation du relief n'est pas le
meilleur moyen de le régler car c'est trop subjectif. En
tant
que professionnel, nous pouvons trouver un relief confortable alors que
le grand public va le trouver fatiguant. La seule solution consiste
à vérifier mathématiquement la
distance
réelle entre les images.
Vous
manque-t-il des fonctionnalités ?
En dehors du fait que nous sommes obligés de travailler avec
des
anciennes versions, car certaines fonctionnalités ont
été perdues, nous sommes satisfaits de
l'existant. Il
faut dire que les transitions doivent être assez simples pour
fonctionner en relief, les fondus enchaînés et les
cuts
sont suffisants. Les autres effets, même les volets 2D
simples,
sont perturbants en relief. Pour notre usage, en dehors du
problème particulier du relief, les deux outils, Premiere et
Media Studio Pro, sont assez similaires.
Nicolas Atlan
producteur et directeur général de AnteFilms
La société Antefilms est
spécialisée dans
la production de séries animées 2D/3D, mais
réalise aussi de l’habillage TV, des films
corporate et du
clip et a produit récemment un long-métrage, via
sa
filiale HARPO Films, "Jojo la frite".
Quels
outils de montages utilisez-vous ?
Nous avons eu la volonté de progressivement nous
équiper
en interne. Nous avons commencé par acquérir en
1998 un
Avid Xpress et un Smoke. Nous nous sommes ensuite
équipés
d'un outil considéré à tort comme un
peu
désuet, Lightworks, que nous avons acheté
d'occasion et
qui nous a rendu de nombreux services. Il nous a permis de monter deux
séries de 26 x 26 minutes, ainsi que notre
long-métrage.
Lightworks permet en effet de travailler pour le cinéma,
à 24 images par seconde. L'an dernier, nous nous sommes
équipés d'une deuxième station Avid
Media
Composer, version 7, qui possède plus d'effets que Xpress et
bénéficie d'une interface plus facile.
Côté
importation des images, si elles sont en 3D, elles transitent par le
réseau via notre studio 3D. Toutes les sorties sont faites
en
Beta Numérique.
Sur certains projets, ils nous arrivent encore ponctuellement de
sous-traiter de la post-production, soit pour des raisons de
disponibilités de nos outils, soit pour des
fonctionnalités que nous n'avons pas. Nous avons ainsi
travailler dérnièrement sur Inferno pour le clip
de
Mylène Farmer et de Funky Cops.
Comment
répartissez-vous vos travaux de post-production ?
Le Smoke est utilisé pour le compositing, les effets
spéciaux et la conformation finale. Les effets peuvent aussi
être réalisés sous After Effects. Le
pré-montage peut être
réalisé avec
Lightworks ou avec Avid, et les edit lists sont importés
dans le
Smoke. Tout dépend du projet. Par exemple, la
série
"Funky Cops" que nous venons de finir, a été
faite sur
Lightworks et conformée avec le Smoke. Nous avons fait
récemment une pré-maquette poussée
pour un clip
sur Media Composer, qui nécessitait le compositing de
nombreuses
couches et quelques effets.
Le cas est différent pour l'habillage de "Giorgio Show" que
nous
réalisons pour Teletoon. Comme nous réutilisons
régulièrement une banque de plans d'une
demi-heure qui
sont stockés dans l'Avid Xpress, non seulement le montage
mais
aussi la sortie finale broadcast est faite directement avec l'Avid. Des
effets ou la création de sommaires sont toujours faits sur
Smoke.
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Vincent
Weil
Directeur Général de Cortosys
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La société Cortosys, créée
en 1994, est
spécialisée en multimedia, en trucages et en
production
de films.
Quels
outils de montage utilisez-vous ?
Nous utilisons depuis trois ans une station PC avec une carte DPS
reality couplée au logiciel DPS velocity. Cette solution de
montage, qui ressemble aux stations Avid, est complémentaire
du
logiciel After Effects dédié au compositing et
aux effets
spéciaux. Le gros intérêt d'un outil
comme DPS est
de pouvoir travailler en temps réel avec les fonctions
essentielles du montage : les fondus, les incrustations, le
pré-montage son et les étalonnages. Son interface
est
aussi très simple et très visuelle, permettant
aux
réalisateurs de l'appréhender très
facilement et
très rapidement. En revanche, la gestion des
données
n'est pas aussi rigoureuse que celle de l'Avid. Du coup DPS est
idéal pour monter des projets assez courts,
inférieurs
à vingt minutes.
Nous avons choisi un outil qui permet de travailler en
qualité
broadcast, pour une coût global inférieur
à quinze
mille Euros. En interne, nous avons une entrée sortie au
format
SVHS pour les présentations. Pour les livraisons finales,
nous
louons en fonction de la demande un Beta numérique ou un
Beta
SP. Cette configuration ne nous permet pas de travailler en natif DV.
Il nous faudrait acquérir une carte d'acquisition DV
supplémentaire mais ce n'est pas gênant car la
majeure
partie de nos sources sont des images de synthèse, pour
lesquelles la sortie Broadcast est essentielle. Dans le cas d'une
acquisition vidéo DV, il y a une conversion analogique de la
source et le travail se fait sur un format composite,
compressé
ou non entre 2Mb/s et 20Mb/s. Ce qui permet une plus grande souplesse
lors d’éventuels trucages par rapport au format DV.
Comment
voyez-vous l'avenir ?
Nous ne courrons pas après les nouvelles
fonctionnalités.
Les transitions des plans pré-réglées
plus
sophistiquées que les fondus des logiciels de montage par
exemple, sont rarement satisfaisantes visuellement par rapport
à
des effets sur mesure créés avec des logiciels de
type
After effects. En revanche, l'interface peut toujours être
améliorée pour rendre l'outil plus productif.
L'évolution principale, à mon avis, concerne le
suivi des
nouveaux formats. Nous sommes dans une phase de transition. Jusque
là il fallait absolument un hardware
dédié pour
travailler en temps réel, il existe maintenant des solutions
software pures pour travailler en DV, comme l'Avid Xpress DV. Nous
avons réalisé un pilote "Survival game" qui
devrait
déboucher prochainement sur la production d'un
long-métrage. Si ce projet se concrétise, nous
allons
acquérir certainement une station Avid de ce type, qui est
mieux
conçue que DPS pour les projets longs. Le travail se fait
sur
les images en DV issues du telecinema, ce qui permet
d’optimiser
l’espace disque et les edit list sont compatibles avec le
montage
final en 35mm effectué par les laboratoires. Nous pourrions
avoir DPS et Avid Xpress sur la même machine et partager les
entrées, sorties, le double écran de travail,
l'écran de contrôle, etc.
© octobre 2002 François Ploye et Pixel SA