Dossier Les effets speciaux en 3D : Le défi des Eléments
naturels
Fluides et Effets atmosphériques
Pour simuler des fluides ou des
effets atmosphériques, l'augmentation de la puissance de calculs
des processeurs a permis, comme dans d'autres domaines, de rendre
opérationnels des algorithmes, jadis réservés aux
centres de recherche.
Les effets liquides et gazeux (feux, traînées de
réacteurs ou de missiles, etc) et les effets
atmosphériques constituent une catégorie bien à
part dans les effets spéciaux. Bien à part, car ils
représentent déjà une part importante des effets
3D et des trucages réalisés sur les long-métrages,
un tiers des films américains ayant comme thème la
guerre. Mais aussi parce que leur mise au point, si elle vise le
réalisme, est délicate à obtenir. Leurs animations
nécessitent l'usage des lois de la dynamique des fluides, qui
sont des lois complexes et lourdes à modéliser. Ces
systèmes mathématiques sont facilement instables à
l'image des turbulences à simuler.
On peut classer les produits en deux catégories, d'une part ceux
dédiés à la réalisation d'effets liquides
ou pyrotechniques en jets ou en traînées et d'autre part
la simulation de surfaces liquides plus ou moins visqueuses comme l'eau
ou la lave en fusion.
Les Fluides et les Brasiers
L'animation de fluides se fait souvent avec des systèmes de
particules élémentaires, aptes à simuler des
traînées d'avions ou des explosions. Le rendering, qui
doit être adapté au sujet, possède
généralement une option volumétrique pour plus de
réalisme. Une autre possibilité moins gourmande en temps
calcul consiste à coller des images 2D (sprites) sur des
particules. Ces moteurs de rendering sont utilisés pour la
fabrication de nuages, qui même en statique vont
nécessiter l'usage des mêmes outils d'animation
procédurale et de rendering. Newtek a été parmi
les premiers à développer un excellent moteur
volumétrique, Hypervoxel, pour réaliser des effets de
tous types, feux, fumées, eau, etc. Dans Maya Unlimited, il
existe aussi depuis peu un module complet, Fluid Effects, qui permet de
réaliser toutes sortes d'effets aussi bien
atmosphériques, nuages, fumée, vapeur, brouillard, que
pyrotechniques, ainsi que des comètes et de la lave. La
première version de Fluid Effects qui vient de sortir est
testée dans ce dossier.
Il existe aussi deux nouveaux plugins standalones de Next Limit, Real
Flow et Real Wave. Real Flow est construit sur un système de
particules animés par des lois de la Mécanique des
Fluides. Par différents paramétrages, il est possible de
simuler aussi bien des fluides liquides, gazeux que des surfaces plus
visqueuses comme la lave en fusion. L'autre avantage de Real Flow est
sa capacité à gérer les collisions avec un
environnement polygonal en mouvement. L'ensemble est exportable dans
les principaux logiciels 3D, LightWave, 3D Studio MAX, Softimage, Maya
and Cinema 4D, via des plugins gratuits.
On trouve aussi toute une gamme d'utilitaires, dépourvus de
moteur d'animation, qui sont spécialisés dans le
rendering de tel ou tel effet particulier, comme les outils
dédiés à la fabrication de feux et de fumée
qui sont vendus entre 400 et 500 Euros, du type Afterburn de AfterWorks
ou Pyrocluster de Cebas pour 3DS Max, et Phoenix de Digimation pour
Lightwave.
Les Surfaces liquides
La deuxième catégorie d'outils sert à animer et
à simuler des surfaces liquides, en particulier des surfaces
d'eau, avec vagues, ou des surfaces visqueuses, comme la lave en
fusion. Le leader incontesté de cette catégorie d'outils
est l'éditeur Areté, qui a repris des algorithmes mis au
point en collaboration avec un laboratoire américain de
recherche en océanographie. Le résultat, "Digital
Nature Tool" a fait ses preuves dans le long-métrage
"Waterworld" puis dans de très nombreux autres dont le "Titanic"
et le "Cinquième Elément". DNT regroupe toute une gamme
de plugins pour les grands logiciels 3D : Psunami pour les vagues,
Psyclone pour les nuages, P_liquid pour les jets d'eau et Pyro pour le
feu. Ces plugins existent déjà pour Maya, pour Lightwave
(édité conjointement avec Dynamic Realities), pour
Softimage 3D, pour 3DS sauf Pyro, et pour Universe d'Electric Image.
Pour Softimage XSI, Phoenix Tools commercialise deux de ces plugins,
Psunami et bientôt Cyclone. Areté commercialise aussi un
standalone, Renderworld, qui reprend la simulation d'océan et de
nuages. A titre d'exemple, un package complet pour Maya, avec
Renderworld inclus, coûte un peu plus de 2500 Euros TTC. Mais
chaque module peut être acheté séparément.
Ils existent quelques concurrents, comme les plugins de Lightwave,
NatureFX et Lume Water de la suite Lume Tools, de Dynamic Realities.
Dans l'environneemnt 3DS Max, il existe le très limité
SeaScape de Digimation et aussi la suite Lume Tools. Mais aucun n'a
atteint jusque là le réalisme visuel des outils
d'Areté.
Reste la difficulté non complétement résolue de
faire un bateau pris sur une mer déchaînée avec son
sillage, de l'écume et des projections d'embruns. Chacun trouve
ses astuces. Dans les dessins animés récents, la mer est
généralement faite en 3D (d'ailleurs souvent avec
Areté) et les embruns sont dessinés manuellement par
dessus les vagues 3D. Sinon, dans les films entièrement en 3D,
les embruns sont souvent réalisés avec des particules
bricolées, mais le résultat est rarement
entièrement convaincant malgré beaucoup d'efforts. On
touche là aux limites de phénomènes naturels
très complexes à simuler.
Ozone donne de l'air à Lightwave
Dans l'environnement de Lightwave il faut signaler la dernière
version de Ozone, d'E-on software, qui a repris de leur excellent
programme Vue d'Esprit, les fonctionnalités de création
de cieux. Ozone, qui en est dans sa version 2, est une suite de six
modules, comportant deux modèles atmosphériques, ainsi
qu'une bibliothèque pré-paramétrée de cent
atmosphères (petit matin, mauvais temps, nuit, etc) et de cent
formes de nuages. Autrement plus puissant que Skytracer, Ozone permet
pour 269 Euros TTC de réaliser de manière réaliste
toutes les atmosphères souhaitées, en reproduisant
grâce à son moteur volumétrique toutes les
subtilités de brume, de nuages et d'interaction avec la
lumière solaire que l'on peut trouver à
différentes heures de la journée, à
différentes saisons et sous différents climats. En
standalone, le choix est plus vaste depuis l'incontournable Bryce
jusqu'au très complet WordBuilder.
Pour en savoir plus :
Areté (Digital Nature Tool)
www.areteis.com
Digimation (Phoenix, Fractal Flow, Sea Scape, UltraShock)
www.digimation.com
Dynamic Realities (Lume Water, Pyro, NatureFX)
www.dynamic-realities.com
E-onsoftware (Ozone, Vue d'Esprit)
www.e-onsoftware.com
AfterWorks (afterburn)
www.AfterWorks.com
Cebas (Pyrocluster)
www.cebas.com
Phoenix Tools (Psunami et Cyclone pour XSI)
www.phoenixtools.com
Next Limit (Real Flow, Real Wave)
www.nextlimit.com
© novembre 2002 François Ploye et Pixel SA