Acquisition video
Une démocratisation qui
s'accélère
L'arrivée
des caméscopes numériques et la mise au point
d'interfaces à haut débit comme le Fire Wire et
l'USB 2.0 ont entièrement bouleversé le
marché des cartes d'acquisition vidéo, qui se
diversifient.
Grâce au numérique et à Apple,
l'acquisition vidéo s'est démocratisée
et les nombreuses solutions existantes couvrent une large gamme qui va
de l'interface FireWire, qui ne fait que tranfèrer les
données numériques, jusqu'à des
packages complets de montage, du type CineWave de Pinnacle à
presque 8000 Euros. Plusieurs questions sont déterminantes
pour choisir une carte, dont les E/S souhaitées et les
caractéristiques de la station hôte.
En entrée et en sortie, les cartes peuvent avoir des ports
analogiques, numériques ou les deux. Si toutes les cartes
supportent le PAL et le NTSC, le SECAM qui est pourtant
utilisé par les télévisions
hertziennes en France ainsi que par la plupart des
caméscopes VHS, est moins courant. C'est une option qui peut
être utile. Autre paramètre, la
définition des images acquises peut varier de la
demi-définition vidéo pour des applications
webcam ou de visio-conférence, à la HDTV. Il peut
être aussi pratique de disposer d'une sortie TV, ce qui n'est
pas systématique.
La
révolution FireWire
Depuis le lancement de la première carte d'acquisition
analogique, il n'y avait pas eu de révolution aussi
remarquée que celle du FireWire en 1995. Une fois
branché le caméscope DV ou Digital 8 (format DV
sur support Hi8) sur le port FireWire de l'ordinateur, les
données image et son numériques sont
transférables directement sur le disque dur. La puissance
des processeurs actuels permet ensuite de calculer par logiciel, sans
grande douleur, les compressions nécessaires pour le montage
ou pour la diffusion. La norme FireWire dont le nom technique est IEEE
1394, a été reprise par Sony sur les PC sous le
nom de i.link.
Le monde PC, avec Intel en tête, a lancé une
récente contre-offensive avec la version 2 de l'interface
USB, qui présente des caractéristiques de
débit atteignant en théorie jusqu'à
480 Mbit/s (60 MBYTES/s) et qui devraient passer prochainement
à un Gbits/s, supérieures à celles du
FireWire (100-400 Mbit/s). Compatible avec l'ancienne version 1.1 de
USB, mais avec une bande passante trente fois supérieure,
cette nouvelle interface équipe déjà
en standard bon nombre de stations PC disponibles dans le commerce.
Elle possède aussi l'avantage sur le FireWire
d'être moins coûteuse car ses circuits sont moins
complexes et les droits de licence sont inférieurs.
Pour profiter au mieux de ces nouvelles interfaces, la vitesse de
transfert des disques durs de l'ordinateur doit être
compatible avec ces hauts débits. Pour les professionnels,
l'idéal est un disque AV, avec une interface Ultra-DMA ou
mieux encore SCSI. Cette dernière interface, qui se trouve
en standard sur les Macintoshs, demande une carte additionnelle sur les
PC. Le format DV est un format de compression vidéo de type
MJPEG - chaque image est compressée
séparément - dont le taux de compression est fixe
de 5:1 et qui donne un taux de transfert de 3.6 Mo/s, à la
portée des disques SCSI.
Codecs
et Compressions
Pour les PC non équipés à l'achat de
ports i.link ou USB 2.0, il existe aussi des solutions d'acquisition DV
à des prix défiants toute concurrence, le premier
prix revenant à Ennyah, avec sa carte DV, Digifirewire
à 38 Euros, qui ne fait à l'instar du FireWire,
que transférer les données numériques.
Les plus coûteuses des cartes possèdent en
revanche des codecs hardware, optimisent le transfert en permettant par
exemple de gérer les systèmes bi-processeurs,
ainsi que des fonctions supplémentaires, vidéo ou
3D.
Par ailleurs, l'encodage des données en MPEG est souvent
nécessaire pour diffuser des fichiers vidéo ou
les transférer sur DVD. Cette compression peut
être effectuée par la carte au lieu de devoir
être prise en charge par les processeurs de l'ordinateur.
C'est ce que propose des outils comme DVD.Master de Dazzle ou
InstantDVD de ADS. Si vous avez un ordinateur un peu poussif qui ne
peut pas prendre en charge la compression, c'est une
vérification essentielle à faire avant d'acheter
votre carte. Et dans tous les cas, pour traiter des vidéos
à durée longue, même avec un processeur
rapide, l'encodage hard peut être plusieurs fois plus rapide
que son équivalent logiciel. La
société française Vitec Multimedia
propose une excellente solution d'encodage MPEG, les cartes DCM et
DCM+, qui s'adaptent à la puissance du processeur et
répartissent automatiquement la charge de l'encodage entre
le hard et le soft. Enfin, comme il existe de nombreux profils
différents de MPEG2, il faut vérifier que les
compressions proposées sont compatibles avec la diffusion
souhaitée, en particulier avec la norme DVD qui est assez
exigeante.
L'acquisition
Analogique
Mais toutes les sources vidéo ne sont pas encore
numériques. Une entrée analogique peut se
révéler utile si l'on désire importer
des données de magnétoscopes VHS ou de
caméscopes 8mm ou VHS. Les cartes d'acquisition analogique
possèdent malheureusement souvent leur propre codec de
compression propriétaire et les fichiers
générés ne sont lisibles que sur les
ordinateurs possédant cette carte. Il faut alors utiliser le
logiciel de montage associé à la carte pour
pouvoir visualiser puis exporter les images acquises dans des formats
plus standards. Les entrées et sorties d'une carte
analogique sont de deux types : le Y/C (ou S-Video nommé
parfois SVHS à tort) avec un câblage Mini-din et
le Composite avec un câblage RCA. En
général, toutes les cartes analogiques proposent
les deux types d'entrées. Mais l'entrée Composite
est parfois seulement accessible à l'aide d'un adaptateur
car elle est à éviter. En effet, contrairement au
Y/C, les couleurs sont mélangées et ne sont pas
transmises séparément. Le rouge peut avoir
tendance à baver.
Il est possible d'installer deux cartes sur la même station,
numérique et analogique. Moins coûteux est de
s'équiper d'emblée d'une carte d'acquisition
numérique avec une entrée analogique, comme la
DVstorm de Canopus, la DV Now AV de Dazzle, la DV500 de Pinnacle ou
encore la Radeon 8500 de ATI.
Enfin dernière possibilité, pour ceux
déjà équipés d'une
acquisition DV de base, il est possible de gérer
l'acquisition analogique via un convertisseur analogique
numérique. Une solution de bonne qualité de ce
type est le Canopus ADVC-100 qui intègre une synchronisation
audio parfaite en continu et ne coûte que 440 Euros TTC. Une
telle configuration peut se révéler avantageuse
financièrement, et séduire par son
côté standard et sa souplesse. L'acquisition
numérique (IEEE-1394) fait en effet de plus en plus partie
de l'équipement de base non seulement des Mac mais aussi des
PC avec Windows. Et quant au convertissseur, il ne nécessite
pas de pilote, il suffit de le brancher. C'est donc une solution assez
simple à gérer et à faire
évoluer.
Les
Familles de cartes
Les cartes grand public sont les moins chères du
marché, car elles reportent la charge de la
compression sur l'ordinateur et ne possèdent pas
d'effets additionnels. Les logiciels de montage associés
sont réduits aux fonctions basiques. Ces cartes conviennent
aux possesseurs d'ordinateurs relativement puissants, qui n'ont pas de
montage long et compliqué à réaliser.
Il existe aussi quelques rares cartes graphiques 3D grand public avec
des fonctions d'acquisition intégrées, comme les
cartes ATI Radeon, la 750 XP Golden Sample de Gainward Ultra ainsi que
certaines cartes de ASUStek ou de MSI.
Les cartes semi-professionnelles, entre 400 et 800 Euros, prennent en
charge par hardware la compression, de même que les cartes
professionnelles. Autre qualité, la capture vidéo
et audio se fait systématiquement sur la même
carte garantissant une synchronisation parfaite entre les deux flux.
Les solutions haut de gamme bénéficient aussi de
drivers plus fiables et offrent en général
plusieurs modes de compression hardware dont le MPEG, ainsi que des
effets additionnels, comme les titrages, les fondus et toutes sortes
d'effets 2D et 3D. Evidemment pour faire du montage avec la carte, il
est nécessaire de pouvoir disposer de plusieurs flux en E/S
à l'instar des cartes Matrox, comme la RT2500 ou les
dernières RTX10 et RTX100, qui permettent un montage temps
réel sur deux flux vidéo simultanés.
Autre avantage des solutions professionnelles, les distributeurs
proposent des packages complets associant aux cartes d'acquisition des
logiciels de montage et/ou d'authoring en version complète.
L'ensemble peut se révéler très
attractif financièrement par rapport à l'achat de
chaque logiciel séparément.
Les
OS ne sont pas égaux
Sur Macintosh, la priorité a été mise
sur le DV depuis plusieurs années et il n'existe plus
guère de choix de cartes d'acquisition analogique. Les
cartes Miro ne sont plus disponibles sur Mac. Dans les solutions les
plus accessibles, il reste la gamme Igniter de Aurora Video Systems et
la RT Mac de Matrox. Il existe aussi quelques solutions
professionnelles très haut de gamme, comme les CineWave de
Pinnacle, qui permet d'acquérir de la HD, mais aussi les
cartes D1 Desktop 64AV de Digital Voodoo et Kona SD de Aja.
Néanmoins, pour ceux qui sont équipés
d'un Power Mac un peu ancien, sans entrée Firewire, il est
depuis peu possible de connecter via le port USB, une carte
d'acquisition analogique du type Instant DVD de ADS, qui
coûte environ 300 Euros.
Sur PC, si les cartes d'acquisition supportent couramment les
environnements Windows 98 et 2000, ce n'est pas le cas de XP et encore
moins de NT. Côté Linux, il est fortement
recommandé de se renseigner sur l'existence d'un pilote
avant de se lancer à acheter une carte d'acquisition.
L'interface FireWire est pourtant supporté par Linux depuis
la version 2.3.40. Mais grosse difficulté, Linux n'est
généralement pas pris en charge par les
constructeurs qui refusent en outre de donner les
caractéristiques de leurs cartes aux développeurs
indépendants qui cherchent à écrire un
pilote. Pour de l'acquisition analogique sous Linux, on peut signaler
l'existence de pilotes disponibles pour les cartes possédant
des processeurs Bt8xx de Conexant ou SAA7134 de Philips, ce qui
concerne entre autres certaines cartes ATI, la Marvel de Matrox et les
cartes Win TV de Hauppauge pour lesquelles le pilote est seulement en
pré-alpha. Indispensable pour se repérer, le site
lhd.datapower.com recense tous les pilotes disponibles pour Linux ainsi
que leur état de développement.
© novembre 2002 François Ploye et Pixel SA