Tout le monde connaît Linux, l'Operating System open source,
bien
que peu l'ait réellemment pratiqué. Avant tout,
Linux est
devenu la plateforme qui connaît la plus forte croissance
pour
équiper les serveurs Internet. Les développeurs
open
source, organisés en communauté, ont
réussi
à montrer qu'ils étaient plus réactifs
pour
détecter et corriger des failles de
sécurité que
leurs concurrents.
Et
du côté de la 3D ?
L'émergence de Linux dans le monde de la 3D est due
à
SGI, qui confrontée à la concurrence croissante
des
stations PC, a proposé il y a bientôt quatre ans
des
stations Linux, après l'échec de la
commercialisation de
stations NT. Sa filiale Alias/Wavefront a dans la foulée
proposé Maya sur environnement libre. Les
sociétés
habituées aux stations SGI, avec environnement IRIX, comme
les
gros studios des effets spéciaux ou de l'animation, ou les
industriels de la CAO, ont compris l'intérêt de
rester
dans un environnement Unix, qui leur facilitait le portage de leurs
millions de lignes de codes. Dans un premier temps, Linux a
été réservé aux serveurs et
aux stations de
calculs. Il n'y avait pas suffisamment de drivers de cartes graphiques
fiables, portés sur Linux, pour en faire de bonnes stations
de
travail. La situation a évolué très
vite, et les
sociétés n'hésitent plus à
utiliser Linux
pour des stations 3D.
Linux,
star des gros studios
Ce sont les gros studios d'animation et d'effets spéciaux,
qui
ont le plus massivement investi dans Linux, pour conserver leurs acquis
IRIX. Ainsi, ILM (Industrial Light & Magic) a
démarré
l'utilisation massive de Linux sur " Star Wars, Episode II ", et a
remplacé environ 20% de son parc de stations de calculs et
de
postes de travail par des stations opensource. Ils sont aussi en train
de porter une partie de leurs cinq millions de lignes de codes. Digital
Domain, a aussi très tôt montré la
possibilité de combiner en rendering des stations classiques
SGI
avec des stations Linux. En l'occurrence ils ont commencé
avec
des stations DEC Alpha, sur "Dante's Peak" puis à grande
échelle sur le film "Titanic", sortie en 1997.
Chez Pixar, l'aventure Linux a commencé par le portage de
Renderman, accessible en batch depuis 1999. Ils sont aussi en train de
remplacer les stations de travail SGI par des stations Linux. Plus
d'une centaine de stations de travail Linux sont utilisées
sur
leur production en cours "Finding Nemo". Même son de cloche
chez
Disney qui a annoncé l'été dernier
être en
train de s'équiper de matériel HP, à
la fois pour
les postes de travail (HP x4000) et pour les serveurs de calculs HP
IA-32. Mais c'est certainement PDI/Dreamworks qui a parié le
plus rapidement et le plus complètement dans l'OS
opensource. Le
film Shrek, sorti il y a deux ans, avait déjà
été calculé avec un millier
d'ordinateurs HP
équipés de Red Hat Linux. Et "Spirit", sorti
l'été dernier, peut revendiquer d'être
le premier
long-métrage d'animation, à avoir
été
entièrement produit avec Linux, qui équipait les
postes
de travail et les stations de rendering.
Les studios américains ne sont pas les seuls à
s'être convertis à Linux. Pour les mêmes
raisons,
les grands studios anglais, comme Framestore, MPC ou Double Negative,
filiale d'Universal, ou français, comme Buf Studio, Mac Guff
ou
Duboi, font un usage large de Linux, toujours pour les mêmes
raisons de compétence en environnement IRIX et de
facilité de portage des outils propriétaires.
Choisir sa distribution
Le choix de la distribution est important, le noyau central Linux doit
être complété par des outils
d'administration supplémentaires, ne serait-ce
déjà pour configurer au mieux son installation.
Par ailleurs, dans le cas de stations graphiques, il est indispensable
d'avoir des modules comme Mesa, qui est un clone libre d'Open GL, pour
faire tourner les applications 3D, ainsi qu'un système X
Window comme XFree86. Les utilisateurs apprécient aussi de
bénéficier de l'ergonomie d'interfaces graphiques
comme Gnome ou KDE. Sans compter que les éditeurs de
distribution proposent de nombreux programmes additionnels, outils de
bureautique, de développement, ou des players Flash ou Real.
Il existe de très nombreuses distributions. Les mini
tiennent sur une ou deux disquettes. Elles servent à
reprendre la main sur un système
vérolé. Pour les débutants, il est
conseillé de prendre une distribution
rôdée, avec une bonne interface graphique lors de
l'installation. La plus populaire des distributions est la RedHat, qui
est qui est largement supportée par les éditeurs
de logiciels 3D. Parmi les autres distributions faciles à
installer, les plus connues sont Caldera, très
complète pour des postes bureautiques, et la
française Mandrake, très soignée.
Malheureusement, l'éditeur, Mandrakesoft, a
déposé son bilan en janvier dernier. On
espère qu'il puisse trouver une solution pour continuer.
Sinon, toujours dans les distributions les plus connues, mais cette
fois pour experts, on trouve la Suse, très
renommée à juste raison pour sa finition
technique, ainsi que la Slackware et la Debian. La Debian, qui est
aussi très stable et très complète,
est reprise comme base pour des distributions plus graphiques, comme la
Corel Linux qui a été reprise par Xandros.
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Pour
en savoir plus :
http://www.aful.org
http://www.linux-france.org
http://www.linuxgraphic.org
http://linuxfr.org
http://www.toolinux.com
http://www.linuxfrench.net
développement sous Linux
http://free-linuxdev.org/
© mars 2003 François Ploye et Pixel SA