Side Effects a fait très tôt le pari de porter
Houdini sur Linux. Néanmoins, c'est Alias/Wavefront en
portant Maya puis Pixar en faisant de même avec Renderman,
qui ont véritablement permis à Linux de
s'implanter chez les grands studios de cinéma et
d'animation, d'abord pour les renderfarms puis pour les stations de
travail. Avid a ensuite suivi en portant XSI, ainsi que plusieurs
éditeurs d'outils dédiées aux effets
spéciaux, comme Kaydara avec FilmBox, Boujou ou Shake de
Nothing Real.
Une offre gratuite alternative
Mais la 3D sur Linux ne se résume pas aux logiciels
commerciaux d'arrivée récente. Un très
bon outil 3D comme Blender, développé
à l'origine par la société hollandaise
NaN et très populaire chez les développeurs de
jeux, a montré qu'un outil peut être gratuit et
performant à la fois. Néanmoins, l'offre en
logiciels gratuits s'est raréfié. BMRT, le clone
gratuit de Renderman, ainsi que sa version commerciale, Entropy, ont
disparu, devant la menace d'un procès de la part de Pixar.
De même, le développement de Moonlight, un
modeleur 3D intuitif assez prometteur, qui supporte les NURBS et les
courbes de Bézier, a été
stoppé en 1998 puis a ressuscité doucement l'an
dernier. Même Blender a failli succombé
à la faillite de son éditeur. Il n'a du sa survie
qu'à une campagne de levée de fonds de cent mille
Euros de la part de la fondation Blender, nouvellement
créée à l'automne dernier et soutenue
par ses centaines de milliers d'utilisateurs. Il existe pourtant
d'autres logiciels généralistes comme K-3D, qui
est conçu sur une architecture modulaire à base
de XML, et qui est compatible Renderman, mais il est loin
d'être aussi complet que Blender.
Du côté modeleurs, il en existe aussi plusieurs
mais peu concurrencent Blender. On peut citer Kpovmodeler, le modeleur
du moteur de rendu POV-Ray, Wings3d, un modeleur polygonal à
base de surfaces de subdivision qui importe et exporte des objets .3ds
pour 3DS Max et .obj pour Maya. Ayam (anciennement The Mops) est un
modeleur NURBS et metaballs, dont il existe une version Windows. Il
travaille sur des objets au format Renderman. A signaler aussi un outil
très connu pour la modélisation de paysages
fractaux, Terraform, qui est basé sur la même
librairie graphique GTK, que la palette Gimp. Le paysage
généré peut ensuite être
exporté dans POV-Ray pour le rendering.
Il existe aussi un très bon module d'animation de
particules, Flow, avec une interface graphique assez
agréable et qui donne d'assez bon résultats pour
générer des effets spéciaux, liquides
ou pyrotechniques. L'export se fait en Renderman.
Du rendering de qualité sans
Renderman
Quant aux solutions gratuites, les plus connues sont Radiance et
POV-Ray. Développé à
l'Université de Berkeley, Radiance qui utilise la
méthode de "distributed ray-tracing", reste
réservé au monde universitaire. Quant
à POV-Ray, il permet de calculer des images très
réalistes. Il inclut de la radiosité et du
ray-tracing, des effets atmosphériques et pyrotechniques,
ainsi que de multiples modes de calculs caméra, en fisheye
ou panoramique. Il est facile d'accès, même s'il
est peu convivial. Les images sont
générées à partir d'un
fichier de description en mode texte de l'ensemble de la
scène (objets avec leurs textures, éclairages,
caméras et animations, etc). Il est donc utilisé
comme Renderman, en export d'outils de modélisation et
d'animation. Très populaire dans le monde de l'open source,
multi-plate-formes, il suscite de nombreux développements
additionnels et des copies, comme MegaPOV, qui inclut des caustiques,
et un simulateur dynamique de tissus, Sim-POV. Mais aucun de ces
moteurs de rendering ne remplacent la perte de BMRT, pour ceux qui
tiennent à calculer des scènes Renderman.
Les drivers de cartes
graphiques
Faire de la 3D sur des stations de travail Linux, il y a peu, demeurait
un vrai challenge car très peu de drivers étaient
disponibles pour les
cartes graphiques. Heureusement la situation s'est
améliorée, les
constructeurs ont compris la nécessité
d'être présents sur Linux. Des
sociétés phares comme Digital Domain ou
Dreamworks ont écrits
elles-mêmes de très nombreux drivers open source.
La stratégie a
néanmoins été très variable
suivant les constructeurs de cartes
graphiques. Prenant exemple sur 3DFx, Matrox a publié
très tôt les
spécification de sa carte G200, ce qui a permis aux
développeurs Linux
d'intégrer dans la librairie graphique Mesa, les
caractéristiques d'une
accélération 3D compatible avec les cartes
Matrox. De même, Nvidia a
aussi choisi rapidement que ses cartes soient présentes en
environnement Linux, mais en livrant des drivers payants, sous forme de
code précompilé illisible. Néanmoins
le support des drivers Nvidia est
très largement inclus en standard dans les
différentes distributions.
Ce n'est pas le cas pour les cartes de ATI et de 3Dlabs, les
constructeurs ayant été moins collaboratifs avec
le monde Open Source.
Leurs drivers ne fonctionnent qu'avec certaines distributions incluant
des architectures X particulières. On peut trouver la liste
des
serveurs X associés aux différentes cartes
graphiques sur le site de
Xfree86 à http://www.xfree86.org/cardlist.txt.
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Pour
en savoir plus
Liste de modeleurs :
http://www.computer.privateweb.at/tech-edv/MODlinks.htm
Blender :
http://www.blender.org
http://www.blender3d.org
http://www.blender-cafe.org
news://zoo-logique.org/3D.Blender
Moonlight3D : http://www.moonlight3d.net/
Kpovmodeler : http://www.kpovmodeler.org/
Wings3d : http://www.wings3d.com/
Ayam : http://www.ayam3d.org/
K-3D : http://k3d.sourceforge.net
Terraform : http://terraform.sourceforge.net/
Flow : http://www.reptilelabour.com/software/flow
POV-Ray : http://www.povray.org/ et http://www.pov-monde.org
Radiance : radsite.lbl.gov/radiance
Megapov : http://megapov.inetart.net/
Mandrakesoft : http://www.linux-mandrake.com
RedHat France : http://fr.redhat.com/
SuSE : http://www.suse.de/
Debian : http://www.debian.org/
Corel Linux / Xandros : http://www.xandros.net
Slackware : http://www.slackware.com/
Xfree : http://www.XFree86.org
Gnome : http://www.gnome.org/
KDE (K Desktop Environment) France : http://www.kde-france.org/
© mars 2003 François Ploye et Pixel SA