Dossier Matériels 3D : Saisir la
réalité
Le travail en 3D n’est plus uniquement virtuel. Les bras
à retour d’effort commencent à se
démocratiser. Manipulant
l’extrémité de ces bras comme
s’il tenait un stylet de sculpteur, l’infographiste
visualise en temps réel la reproduction de son mouvement
dans la scène virtuel. En cas de collision du stylet avec
l’objet virtuel, l’ordinateur envoie un signal aux
moteurs pas à pas du bras qui se bloquent. Cette illusion
d’une résistance de l’objet virtuel, est
nommée retour haptique. En jouant sur le degré de
cette résistance, une matière plus ou moins
souple peut être simulée. Le bras haptique
actuellement le plus diffusé dans le monde de la CAO et de
l’audiovisuel, est le Phantom de Sensable,
commercialisé avec l’excellent programme de
modélisation, FreeForm. La version de base Deskstop est
vendue à moins de 3300 Euros H.T. Il en existe des versions
de plus grande dimension. La start-up Haption issue du CEA,
commercialise le Virtuose, un autre bras haptique disponible en deux
versions, à trois et à six degrés de
liberté.
Un autre domaine où la réalité vient
enrichir le virtuel est la numérisation 3D, très
répandue dans les studios d’images de
synthèse. Les capteurs 3D dédiés
à la numérisation d’objets physiques,
sculptures ou prototypes d’objets, peuvent être
classés en trois catégories. La
première technique s’effectue par contact
d’un stylet électro-magnétique sur la
surface de l’objet. C’est le cas des
très connus produits de la société
Polhemus, qui fabrique par ailleurs des systèmes de motion
capture sur la même base technologique. Ces
systèmes sont précis.
L’opérateur choisit lui-même les points
de l’objet à saisir, ce qui est idéal
lorsqu’il est nécessaire
d’acquérir un maillage avec des lignes de force
bien placées, par exemple en vue d’une animation.
Le
laser fait sa star
Pour des acquisitions rapides, la technique laser s’est
imposée, d’autant plus que les logiciels de
reconstruction de surfaces savent de mieux en mieux lisser, filtrer et
nettoyer les millions de points
générés automatiquement. Ils existent
deux techniques laser principales. La triangulation laser est
réservée aux courtes et moyennes distances, et
convient à la numérisation d’objets et
de scènes de petites dimensions. Cyberware
l’utilise dans ses fameux scanners, qui peuvent saisir une
tête ou un corps complet en quelques secondes. Sont
réputés aussi le vi910 de Minolta,
très rapide, et le Roland, très attractif en
coût. Mensi commercialise de son côté un
laser Soisic S25 permettant la saisie de scènes
jusqu’à 25 mètres, avec la
même technologie, ce qui constitue un record. Pour les
distances plus longues, les scanners laser avec temps de vol sont
pourtant préférés. La distance au
scanner est évaluée à partir du temps
mis par le laser pour faire l’aller et retour entre la source
et le point à mesurer. Le dernier modèle de
Mensi, le GS-100, a ainsi une portée de cent
mètres et celui de Riegl, le LPM-2K, a une portée
record de 2500 mètres.
La troisième technique est devenue suffisamment
opérationelle pour faire une concurrence sérieuse
au laser. Des grilles lumineuses ou des franges
d’interférences sont projetées sur
l’objet puis analysées, comme le scanner Atos de
Gom ou le Comet de Steinbichler. Moins précis, ils sont plus
rapides, leur calibration est plus simple que pour le laser et ils sont
assez robustes.
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Laurent Jaconelli
Président de
Mastery
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La société Mastery a débuté
il y a douze ans par la création de
campagne de lancement de films, et s’est lancée
depuis trois ans dans
le DVD haut de gamme. Leurs références comportent
de nombreux titres
prestigieux comme “ Les rivières
pourpres ”, “ Jeanne
d’Arc ” ou encore
“ Le treizième
guerrier ”.
Comment
êtes-vous équipés ?
Les clients viennent nous voir parce qu’ils veulent la
meilleure
campagne pour leur film. Notre philosophie est de posséder
le matériel
apte à répondre aux différents
besoins, authoring DVD bien sûr, 3D mais
aussi montage. Nous avons été dans les premiers
à avoir DS. Nous avons
aussi un studio son, avec Dolby, DTS et une licence THX. En 3D, nous
avons commencé il y a trois ans avec Softimage, puis nous
avons basculé
entièrement sur Lightwave.
Nous avons besoin d’un temps de réponse
très rapide, aussi nous nous
équipons chaque année du bi-processeur
dernière génération, le plus
performant. Pendant longtemps, notre fournisseur était
Intergraph,
maintenant nous travaillons avec DELL, qui nous configure des stations
stables, bien fignolées. L’obsolescence est
rapide, pour être le plus
productif, les machines ne sont jamais assez rapides. Par ailleurs,
nous n’avons pas de renderfarm, ce sont les stations qui nous
servent
pour les calculs. Les cartes graphiques sont des Wildcat.
Côté écrans,
nous avons des 20 à 21 pouces, cathodiques. Mais nous allons
certainement changer tous les écrans pour des
écrans plats, qui nous
feraient gagner de la place.
Vous
possédez aussi un bras à retour
d’effort ?
Nous nous sommes équipés d’un bras
Phantom, avec FreeForm, pour la
création de personnages et plus
généralement de formes organiques.
C’est un outil super intuitif, nous prenons un vrai plaisir
ludique à
l’utiliser. Il nous permet d’être
très réactif et de pouvoir proposer
des designs de nouveaux personnages à nos clients
très rapidement.
Actuellement, nous sous-traitons le prototypage rapide de nos
modèles
créés, mais il est prévu
d’acquérir une solution en interne, qui a
été
retardée dans l’attente de
l’agrandissement de nos locaux.
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Sur
le Web
Constructeurs bras
haptiques :
Sensable
www.sensable.com
Haption
www.haption.com
Distributeurs bras
haptiques :
Immersion
www.immersion.fr
Constructeurs
scanners :
Cyberware
http://www.cyberware.com/
Gom
http://www.gom.com/
Mensi
http://www.mensi.com
Minolta
http://minoltaeurope.com
Polhemus
http://www.polhemus.com/
Riegl
http://www.riegl.com/
Roland Europe
http://www.rolanddg.com
Steinbichler
http://www.steinbichler.de/