Dossier Matériels 3D : De nouveaux systèmes de
visualisation
Les écrans plats, à cristaux liquides ou plasma,
ont fait
d’énormes progrès ces
dernières
années et se sont largement diffusés. Pourtant,
l’écran à tube cathodique,
inventé en 1911,
demeure toujours la panacée pour les stations de travail 3D,
combinant un faible coût, une fiabilité
éprouvée et une excellente restitution des
couleurs. Pour
des applications professionnelles ciblées, le choix
technologique est plus vaste.
A
la recherche de la troisième
dimension
Deux techniques principales de visualisation du relief ont
été développées par Imax,
toutes les deux
avec une séparation des images entre
l’œil gauche et
l’œil droit qui s’effectue au niveau des
lunettes. La
première technique, très diffusée sur
les postes
de travail, est à balayage dans le temps. Le principe
consiste
à alterner séquentiellement dans le temps les
images pour
l’œil gauche avec les images pour
l’œil droit.
Ces images sont générées par une carte
vidéo à haute fréquence. 120 Hz est la
norme de
confort pour éviter un scintillement
désagréable.
Les utilisateurs portent des lunettes dites actives car elles
contiennent des écrans LCD qui font volets en
s’obscurcissant. Elles sont synchronisées en phase
avec
l’affichage de l’écran soit par
câble, soit
par infra-rouge. C’est une technique
rôdée pour un
poste unique avec peu d’utilisateurs en simultané.
Son
coût devient prohibitif pour des présentations
avec de
nombreux utilisateurs, du fait du prix des lunettes. Elle
n’est
opérationelle qu’avec des écrans
cathodiques qui
savent afficher des images à suffisamment haute
fréquence. Les écrans à plasma ou
à
cristaux liquides, ont une rémanence trop grande et ne
conviennent pas.
Le leader dans les technologies de stéréoscopie
est la
société californienne Stereographics, mais il a
un
challenger Nuvision, lui aussi américain, qui commercialise
des
solutions équivalentes à un prix beaucoup plus
attractif.
Un émetteur à Infra-rouge de StereoGraphics pour
un PC
standard vaut 220 Euros HT, alors que celui de Nuvision vaut 40 Euros
HT. Pour les lunettes actives, même différence de
coût, il faut débourser 850 euros chez
Stereographics pour
la CrystalEyes3 contre 250 Euros pour la 60GX de Nuvision. De plus, les
lunettes Nuvision sont compatibles avec les émetteurs
Stereographics. Pourquoi se priver ?
Polariser
la lumière
La deuxième technique de stéréoscopie
largement
diffusée consiste à polariser
différemment la
lumière pour l’image gauche et l’image
droite. Elle
a été surtout utilisée pour les
projections en
relief avec double projecteurs. Les observateurs portent des lunettes
passives, à filtres polarisants, plus
légères et
moins onéreuses, et qui permettent de regarder
d’autres
écrans vidéo ou informatiques, sans avoir
d’impression désagréable de flicking.
Il existe deux adaptations de la stéréoscopie
à
lumière polarisée pour les stations de travail.
En
polarisation linéaire, la société Vrex
a
développé un filtre à placer devant un
écran CRT ou LCD classique, qui polarise à
90° chaque
ligne paire et impaire. Les lunettes sont passives et
orientées
à 45° et 135°. Pour Christophe Chartier de
Immersion,
“ autant la polarisation linéaire est
très
diffusée en vidéo-projection, autant
l’adaptation
qui en a été faite par Vrex manque de
définition.
Son réglage est en outre difficile et son coût
élevé, même si les choses sont en train
de
changer. ”
Pour les stations de travail, le relief en lumière
polarisée passe plutôt par la polarisation
circulaire, qui
s’obtient en polarisant les images de
l’œil gauche en
rotation dans un sens, et les images de l’œil droit
avec
une rotation dans l’autre sens. En
vidéo-projection, la
calibration en polarisation circulaire est simplifiée par
rapport au linéaire, il n’y a pas besoin que les
polarisateurs soient exactement à 90° l’un
par rapport
à l’autre. Pour les stations de travail un filtre
spécial actif placé devant
l’écran, est
synchronisé avec le balayage des images à 120 Hz.
Les
images sont polarisées en rotation alternativement dans un
sens
puis dans l’autre. Le désavantage des
systèmes
à polarisation par rapport au système
à balayage
réside dans la perte de luminosité, du fait du
filtre
polarisé, qui arrête une partie de la
lumière
émise. Un filtre actif à polarisation circulaire
pour un
écran 21 pouces cathodique vaut 2500 euros HT dans le cas du
Zscreen de Stereographics et 2100 Euros pour le 21FX de Nuvision. Cinq
lunettes actives circulaires valent 275 Euros HT. Pascal Chevalier de
Sim Team constate que “ le système
à
polarisation circulaire est LA solution de confort pour faire du relief
sur stations de travail. Les lunettes sont passives et
légères, mais en plus il est possible de pencher
la
tête sans perdre l’impression de relief, au
contraire du
linéaire. ”
Du
relief sans lunette
|
Les
techniques à balayage ou avec lumière
polarisée, ne sont pas les seules techniques permettant une
visualisation en relief, mais ce sont les seules qui conviennent pour
un travail sur station. Avec
l’auto-stéréoscopie,
l’observateur n’a pas besoin de lunettes.
C’est une
technique assez magique, réservée à
des
attractions grand public, comme les musées ou les centres
commerciaux. Un réseau lenticulaire est collée
à
la surface de l’écran, afin que chaque
œil de
l’observateur voit une ligne de pixels différente.
Cela
fonctionne sur n’importe quel écran du commerce,
à
condition qu’il soit plat, LCD ou plasma. Le
défaut de
l’auto-stéréoscopie est un relief
correct pour les
spectateurs seulement sur certaines positions figées.
Lorsqu’on bouge la tête, le relief
peut-être perdu.
Les conditions de confort ne sont pas suffisantes pour un poste de
travail en stéréoscopique en continu. Un des
meilleurs
systèmes auto-stéréoscopiques a
été
mis au point par un inventeur français, Pierre Allio, qui a
baptisé son invention, alioscopie. Quatre prises de vue de
la
même scène sont entrelacées
verticalement puis
reséparées par le réseau lenticulaire.
|

Pierre Allio |
Un tel réseau, pour un écran LCD de 18 pouces,
vaut 6000
Euros HT. Il existe des systèmes concurrents, en particulier
le
SynthaGram de StereoGraphics, compétitif en coût,
mais qui
nécessite neuf vues et dont le relief est de moins bonne
qualité.
Travailler
à plusieurs
Un autre domaine en plaine mutation est celui des systèmes
immersifs, généralement en relief, où
on peut
travailler à plusieurs, comme les
“ bureaux
virtuels ” ou workbench. La baisse des
coûts des
vidéo-projecteurs a rendu ces systèmes attractifs
ces
dernières années. Quelques grands constructeurs
se
partagent le marché, dont le belge Barco qui a
racheté
Tan, Fakespace et Panoram. Ces systèmes immersifs de petite
dimension sont configurés suivant deux modes, avec un simple
écran, comme une table à dessin virtuelle, ou
avec deux
écrans, en L, pour augmenter l’impression de
relief. Le
Baron de Barco ou l’ImmersaDesk de Fakespace, peuvent ainsi
projeter jusqu’en 1600 pixels en horizontal, pour des
diagonales
d’écran, de respectivement 1m70 et 2m28. Mais
à 25
000 Euros l’exemplaire, ce genre de système
n’est
pas encore à mettre dans tous les
bureaux ! !
Sur
le Web
Immersion : www.immersion.fr
Stereographics : www.stereographics.com
Nuvision : www.nuvision3d.com
Vrex : www.vrex.com
Alioscopie : www.alioscopy.com
Barco/Tan : www.barco.com/
Fakespace : www.fakespacesystems.com/
Panoram : www.panoramtech.com