Dossier Materiels 3D : Les cartes 3D professionnelles
En puissance pure de calculs, les cartes 3D professionnelles sont
rattrapées, voire dépassées par les cartes grands
public destinées aux jeux vidéo. Le constructeur
californien nVidia de GPU, les processeurs graphiques qui sont
l’élément essentiel des cartes graphiques, a fait
sa réputation dans le domaine du jeu. Il est devenu en quelques
années leader sur le marché professionnel. Les
investissements sont tels pour concevoir et industrialiser un nouveau
processeur, qu’il n’y a plus que quatre constructeurs
principaux de GPU, nVidia donc, mais aussi ATI, 3Dlabs et Matrox. Mais
le surcoût d'une carte professionnelle continue à se
justifier dans certains cas. Des applications haut de gamme ou
spécifiques, peuvent nécessiter soit un antialiasing de
qualité, soit des fonctions dédiées comme le
genlocking.
Le cas de Matrox est un peu à part dans le monde de la 3D. Les
cartes du constructeur canadien sont surtout renommées pour les
applications 2D, avec des capacités uniques de sortie
multi-écrans. Les performances de la dernière carte, la
Parhelia-512 de Matrox, changent un peu la donne. Ses qualités
d’affichage 3D sont tout à fait honorables. Sa gestion de
trois écrans simultanés en fait un outil innovant pour la
simulation ou les jeux vidéo panoramique. Son coût de 619
Euros TTC la réserve néanmoins aux applications
professionnelles ou pour les passionnés de jeux qui souhaitent
de la nouveauté.
La percée des Radeon
Sur le marché de la 3D grand public, la compétition reste
acharnée entre nVidia et ATI, l’autre constructeur
canadien. Ce dernier est réputé pour ses processeurs
professionnels, très efficaces pour faire tourner des
applications OpenGL. Depuis presque trois ans, ATI a lancé une
contre-offensive face à ses concurrents sur le marché
grand public. Après avoir équipé de ses
processeurs avec succès la GameCube, ATI vient d’annoncer
début mars, que l’accord de partenariat avec Nintendo est
renouvelé. Par ailleurs, sa gamme Radeon est largement
concurrente avec les Geforce de nVidia. ATI y a intégré
toute une série de nouvelles fonctions 3D dont entre autres
TrueForm, pour un meilleur lissage des polygones, SmartShader avec
shaders anisotropiques, et SmoothVision, une technologie d'antialiasing
propriétaire qui supporte la profondeur de champ et le motion
blur de DirectX 8.1. La dernière génération 9000
des Radeon n’est pas en reste. Avec 110 millions de transistors,
et une gestion de DirectX 9, le nouveau Radeon 9700 pro est bien plus
performant que les dernières GeForce4 de Nvidia. Et à
l’instar de son concurrent, ATI a délaissé la
fabrication de cartes graphiques pour se concentrer sur son point fort,
la conception de GPU, qui sont intégrés par
d’autres constructeurs comme Sapphyre et Hercules.
L’incontournable nVidia
Leader incontesté sur le marché grand public du fait
d’un excellent rapport qualité prix, les processeurs de la
société californienne nVidia équipent maintenant
un tiers des cartes graphiques professionnelles. Après avoir
abandonné son partenariat privilégié avec Elsa,
les processeurs nVidia sont intégrés dans de nombreuses
cartes, ce qui facilitent leur diffusion, comme celles de Asustek,
Leadtek ou encore MSI.
La dernière génération de cartes de nVidia, les
GeForce4, s’est imposée avec un moteur 3D programmable
unique dans son genre, le nFinite FX Engine, qui permet des effets
multiples : nuage volumétrique, effets de particules, surfaces
aquatiques animées, etc. Enfin, nVidia met en avant son nouveau
langage de programmation graphique de haut niveau, le CG shader, qui
simplifie le développement. Dans la même gamme se trouvent
les processeurs GeForce Quadro identiques aux GeForce4 grand public.
L’optimisation de leurs drivers, mieux optimisés pour des
applications OpenGL, les destine à des usages professionnels.
Mais devant la percée de ATI avec sa gamme Radeon 9000,
très performante et qui sait gérer DirectX 9, la
prochaine génération de GeForce, les FX, est attendue
avec impatience. Les versions 1000 et 2000, intégrées
dans des cartes de PNY Technologies, sont disponibles depuis peu.
Ne pas oublier 3Dlabs
Les cartes Wildcat de la société anglaise 3Dlabs, sont
dans les plus chères des cartes professionnelles
dédiées OpenGL. Leur utilisation se justifie pour des
applications haut de gamme, en simulation, en CAO ou en
réalité virtuelle, et ce malgré les
qualités des processeurs développés par ATI et
nVidia. Leur anti-aliasing réellement de qualité
n’est toujours pas concurrencé réellement par les
GeForce. Par ailleurs, le port genlocking de la Wildcat est très
utile lorsqu’il est nécessaire de synchroniser deux cartes
vidéo pour des sorties stéréoscopiques. Au final,
si la bande passante des Wildcat est inférieure à celle
des Geforce, leur intérêt provient d’autres atouts
précieux comme l'anti-aliasing, le genlocking et la
stéréo. Néanmoins, les équipes de 3DLabs
n’ont pas sorti de nouveaux produits pendant plusieurs
années, affaiblissant leur position sur le marché. Leur
dernière génération de cartes Wildcat VP, pour
Visual Processor, commercialisées en fin d’année
dernière à des coûts attractifs, devrait renforcer
la position de 3DLabs. Elles sont équipées d’un
tout nouveau processeur, le VPU (
Visual
Processing Unit) qui intègre deux cents processeurs 32
bits dans un seul, et qui fournit une impressionnante capacité
de calculs. Ce processeur graphique est programmable à haut
niveau grâce à sa compatibilité avec la nouvelle
version 2 de OpenGL, dont 3Dlabs s’est fait l’ardent
promoteur. Concurrent du CG Shader, langage propriétaire de
nVidia, il souffre d’une base installée moins importante.
Sur le Web
Matrox : www.matrox.fr
3Dlabs : www.3dlabs.com
ATI : www.ati.com
Nvidia : www.nvidia.com
Hercules : www.hercules.fr
PNY technologies : www.pny.com